Le Groupe GPA se positionne comme un acteur de premier plan dans la recherche de solutions pour optimiser et sécuriser la récupération de matériaux spécifiques susceptibles d’être réutilisés en boucle fermée par les constructeurs automobiles. En s’appuyant sur un process industriel désormais mature et des volumes conséquents, l’ETI familiale franchit un nouveau cap avec la structuration de son service R&D. L’une de ses missions est d’établir un plan d’action pour chaque matière récupérée (aluminium, cuivre, verre, plastiques, terres rares...) afin de proposer aux constructeurs un approvisionnement sécurisé et traçable, permettant de renforcer la circularité des processus de production conformément aux exigences des règlementations européennes.

C’est une évolution stratégique pour le Groupe GPA, pionnier dans l’industrialisation du recyclage des véhicules. Il s’agit de reconsidérer le véhicule hors d’usage, non plus seulement pour les pièces qu’il fournit mais aussi pour la valorisation de ses matières et leur réutilisation dans de nouveaux véhicules.
« Les véhicules hors d’usage collectés auprès de nos partenaires assureurs représentent une véritable « mine urbaine » à mettre au service d’un écosystème automobile plus vertueux, analyse Johan Renaud, PDG de GPA. Notre métier doit encore accélérer sa transformation pour être capable de répondre aux défis collectifs de souveraineté, de décarbonation et de préservation des ressources. Nous devons inventer la circularité de demain, en structurant des filières d’approvisionnement sécurisées, traçables, qualitatives et conformes aux exigences règlementaires et environnementales. Cette nouvelle ère des boucles fermées fait écho à la raison d’être de GPA, recycler les mobilités en un futur désirable et solidaire. Notre nouvelle équipe R&D est mobilisée pour développer des solutions technologiques et organisationnelles innovantes en partenariat avec les constructeurs et équipementiers. »
Dirigée par Marc Jolivet, ingénieur en mécanique, l’équipe composée de 5 personnes se consacre exclusivement et à temps plein à la recherche de pistes innovantes, fiables et conformes pour répondre à trois objectifs principaux :
Valoriser les matières dans un contexte de fortes tensions sur les approvisionnements
Accompagner les constructeurs automobiles dans la mise en place des boucles fermées
Développer des process de traitement sécurisés et valoriser les véhicules électriques
En s’appuyant sur un réseau de partenaires constructeurs, équipementiers et industriels, le service R&D travaille à l’élaboration de plans d’action pour chacun des principaux composants matière des véhicules : aluminium, plastique, cuivre, batteries, verre et terres rares. L’enjeu porte non seulement sur la capacité à structurer une filière permettant de créer des boucles fermées de recyclage fiables, mais aussi sur l’adaptation des process internes de l’entreprise pour alimenter ces filières.
Depuis quelques mois, GPA confie à SOREMO entre 20 et 30 tonnes de blocs-moteurs par mois issus du démontage de ses véhicules hors d’usage. SOREMO, spécialisé dans la production d’alliages d’aluminium à partir du broyage des moteurs usagés, en extrait un aluminium de très haute qualité, fondu en lingots qui seront réinjectés dans la fabrication de nouveaux véhicules.
Le rapprochement stratégique entre les deux acteurs, sans être le premier de ce type, représente un intérêt majeur pour l’écosystème automobile à plusieurs titres :
Compte tenu des volumes importants issus de ses chaînes de démontage, GPA est en capacité de constituer un gisement estimé à 100 tonnes/mois (sur la base de 50 000 véhicules collectés par an).
Avec la montée en puissance de son activité, notamment dans l’unité de Pont-Sainte-Maxence (Oise), les volumes pourraient à moyen terme atteindre 140 tonnes/mois d’ici 2029.
Le recyclage de l’aluminium permet une économie significative de CO2 répondant au besoin stratégique des constructeurs de réduire leur empreinte carbone
GPA a démarré une série de travaux très ciblés portant sur les trois principales familles de plastique présentes en masse dans l’automobile : le polypropylène (PP dans les pare-chocs, les tableaux de bord, les panneaux de porte...), le polyamide (PA dans les pédales, les grilles de pare-choc...) et le polyuréthane (PU constituant les mousses de siège). Ces protocoles de traitement en cours sont réalisés en collaboration avec des plasturgistes, des équipementiers et des constructeurs automobiles.
La réutilisation du polypropylène dans la fabrication de nouveaux véhicules figure parmi les pistes les plus abouties. Des tests ont d’ores et déjà permis de valider l’introduction de ce matériau dans la fabrication de nouveaux pare-chocs.
Quant au cuivre, son réemploi en boucle fermée est confronté à deux défis principaux. Le premier, relatif à la fourniture de matière pure et traçable, est en passe d’être solutionné par GPA. La mise au point par le service R&D d’un schéma exclusif d’extraction de la matière, répond aux deux exigences de pureté et de traçabilité.
Le second enjeu porte sur la qualité de la conductivité offerte par le cuivre extrait des véhicules en fin de vie, qui conditionne sa réutilisation dans de nouveaux faisceaux automobiles. Ce paramètre fait actuellement l’objet d’essais approfondis.
La feuille de route du service R&D de GPA intègre aussi la recherche de solutions pour extraire et réutiliser le verre (présent dans l’automobile dans le pare-brise, les vitrages latéraux et la lunette arrière). Des contacts ont d’ores et déjà été engagés avec des industriels du secteur pour mettre au point des process actuellement en phase d’analyse.
Enfin la possibilité de réemployer les terres rares a déjà fait l’objet de test en 2025. Ceux-ci devront être complétés par de nouvelles séries de recherche et des discussions vont être engagées avec de potentiels partenaires dans les mois à venir.