Grâce à ces caméras thermiques avancées, les écologistes observent les fluctuations de la température du
nez, un indicateur connu du niveau de stress. On espère que ces études aideront les chercheurs de
diverses façons, notamment en identifiant les chimpanzés et les gorilles vivant dans des refuges qui sont les
plus aptes à être relâchés dans la nature.
Parmi les personnes jouant un rôle essentiel dans la concrétisation de ces ambitions figure la chercheuse
principale Gillian Forrester (PhD, SFHEA), professeure de cognition comparative à la faculté de psychologie
de l’Université.
« J’étudie les fondements de la cognition au fil de l’évolution : comment nous sommes devenus les grands singes que nous sommes aujourd’hui, intelligents, capables de marcher, de parler et d’utiliser des outils », explique-t-elle. « Nous sommes ainsi à même d’observer ce que nous partageons avec nos ancêtres communs et ce qui nous en différencie ».
« Lorsque nous sommes stressés, dépassés par les événements ou effrayés, notre visage subit une
modification du débit sanguin. Notre système nerveux redirige le sang de notre visage vers d’autres organes
sensoriels comme les yeux et les oreilles, une réaction physique conçue pour aider les individus à être à
l’affût d’un danger. Effet secondaire important : notre nez devient un peu plus froid à mesure que le sang
s’en éloigne. Nous appelons cela le « refroidissement nasal » et c’est là une piste intéressante à explorer
dans la gestion du stress et la récupération ».
L’évaluation du refroidissement nasal à l’aide des capacités translationnelles de la technologie thermique Flir
permet aux écologistes de surmonter les limites scientifiques actuelles. Aujourd’hui, l’évaluation du stress
nécessite généralement de connecter les sujets à des moniteurs cardiaques, des tensiomètres ou des
pulsomètres, ce qui est non seulement stressant en soi, mais aussi clairement inadapté aux chimpanzés et
aux gorilles.
Recherche sur le terrain
L’équipe de recherche travaille en collaboration avec des parcs animaliers au Royaume-Uni et des refuges
pour chimpanzés et gorilles en Afrique. La plupart des individus hébergés dans ces refuges ont subi un
traumatisme à un moment ou à un autre.
« En évaluant leur niveau de stress, on pourrait mieux gérer leur réadaptation, identifier les candidats aptes à être relâchés et cibler ceux qui ne le sont pas afin d’envisager de nouveaux types d’interventions », précise-t-elle. « On pourrait même ainsi trouver une bonne mère adoptive pour un singe nouveau-né par exemple ».
Cette recherche, facilitée par la technologie des caméras non refroidies Flir T1020 et refroidies A6301, aidera l’équipe à comprendre la plage saine / non saine du refroidissement nasal. Elle permettra également de déterminer la vitesse à laquelle les individus se remettent d’un événement stressant, ce qui donnera une indication de leur résilience et de leur capacité d’autorégulation. Au-delà du visible Dès le départ, les caméras thermiques Flir se sont révélées être la technologie facilitatrice de cette recherche cruciale. L’équipe de l’Université du Sussex a d’abord utilisé une caméra scientifique infrarouge portable facile d’emploi, la Flir T450sc. Cependant, début 2025, les écologistes sont passés à la Flir T1020 (T1K), principalement pour ses images thermiques de qualité HD qui fournissent plus de détails que jamais dans chaque image. La recherche associe les caméras TK1 non refroidies et A6301 refroidies hautement sensibles de Flir, chacune étant sélectionnée pour différents environnements, des observations sur le terrain aux études contrôlées dans des refuges. « Nous allons utiliser les deux types de technologie de capteurs - non refroidis et refroidis - pour répondre à certaines activités de collecte de données », révèle la professeure Forrester. « Les deux capteurs présentent des avantages, mais nous utiliserons le capteur MWIR refroidi et hautement sensible de la Flir A6301 pour obtenir un niveau de détail d’image supplémentaire dans les études statiques ».
Au refuge, un écran situé à proximité de l’enclos diffusera des vidéos suscitant soit une réaction négative (stress), soit une réaction positive. Si un singe s’avance volontairement pour regarder la vidéo, l’équipe de recherche disposera d’une caméra thermique statique Flir A6301 refroidie pour étudier le refroidissement nasal.
Par ailleurs, les caméras thermiques refroidies Flir permettent notamment à la professeure Forrester et à son équipe de créer une zone d’intérêt sur le visage à partir de laquelle collecter des données. Pour garantir la pertinence des données, les écologistes ont besoin d’un seuil d’au moins 50 pixels par zone d’intérêt, ce qui rend la haute résolution de la Flir A6301 indispensable. En outre, avec la sensibilité plus élevée (3-5 μm) de ces caméras refroidies, les chercheurs peuvent détecter la respiration sous forme d’image thermique, ce qui constitue une autre mesure biologique intéressante. Parallèlement aux études statiques faisant appel à des caméras thermiques refroidies, les écologistes de Sierra Leone entreprendront des recherches de « suivi focal », en observant le comportement normal des singes individuels lorsqu’ils se déplacent dans le refuge tout au long de la journée.
« Ici, nous utiliserons la caméra thermique non refroidie Flir T1K car avec elle, nous pouvons nous déplacer, atteindre différents côtés de l’enclos et monter sur des plates-formes d’observation », confie la professeure Forrester. « Elle dispose d’un zoom très efficace, qui s’avérera certainement utile en 2026 lorsque nous nous rendrons en Ouganda pour travailler avec notre premier groupe de chimpanzés sauvages habitués. Nous les suivrons dans leur habitat naturel à l’aide de la Flir T1K et nous prélèverons des échantillons pour mesurer leur niveau de stress ».
Afin d’apporter encore plus d’avantages à ce type de recherche, la société britannique Thermal Vision Ecology, filiale du distributeur Flir Thermal Vision Research, a récemment commencé à développer son Kit d’écologie thermique, un système de thermographie mobile spécialement conçu pour les études écologiques. Ce kit comprend une caméra Flir refroidie ou non refroidie avec plusieurs options d’objectifs, reliée à un trépied et un bloc-batterie assurant six heures d’autonomie. L’ensemble du système se connecte à une tablette Windows sur laquelle est préinstallé Flir Research Studio, un logiciel avancé d’analyse thermique offrant un flux de travail simplifié pour l’affichage, l’enregistrement et l’évaluation des données. Le kit, qui s’est avéré efficace dans le cadre d’études sur les chauves-souris, a été recommandé à la professeure Forrester et à son équipe pour leurs recherches sur les grands singes. Outre la facilité d’enregistrement de la faune sauvage, la rapidité des rapports post-étude et la sécurité accrue sur le terrain, il n’est plus nécessaire de tenir une caméra pendant des heures. Grâce à son design en sac à dos et à sa fonctionnalité plug & play, le système est facile à transporter et à utiliser.
« L’utilisation du kit d’écologie thermique nous a permis de remplacer le matériel plus encombrant et moins flexible que nous avions utilisé lors d’une précédente étude de terrain au Gabon », explique la professeure Forrester. « Nous nous servons de ce kit avec une caméra GoPro, car en plus des images thermiques, nous avons besoin de vidéos RVB synchronisées en lumière naturelle pour identifier les individus. Que nous utilisions une caméra Flir refroidie ou non refroidie, nous montons la GoPro sur le dessus pour obtenir le même point de vue et fournir des données synchronisées ».
Quant au prochain défi, l’équipe de recherche en écologie de l’Université du Sussex espère collaborer à nouveau avec les experts de Flir afin de développer des outils logiciels spécifiques pour l’échantillonnage des données. Cette activité apportera des avantages supplémentaires aux écologistes qui continuent à chercher à mieux comprendre le rôle des déterminants biologiques dans la surveillance du stress.