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La Fédération Antadir dresse un état des lieux de la prise en charge à domicile

Publication: 4 janvier

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Un état des lieux des patients atteints de troubles du sommeil depuis le début de la crise sanitaire...
 

Alors que la crise sanitaire perdure depuis près de deux ans, les formes longues de la Covid-19 engendreront probablement une augmentation du nombre de patients sous oxygène à domicile, en France. Au-delà des troubles respiratoires, la Covid-19 a, aussi, directement impacté la qualité du sommeil des Français. En cause : la situation anxiogène mais aussi les troubles neurologiques causés par la maladie. Pour accompagner ces patients insuffisants respiratoire et/ou atteints d’apnées du sommeil, des traitements associés à des solutions de prise en charge à domicile existent.

A l’occasion du symposium organisé en commun avec Santélys lors du Congrès du Sommeil qui s’est tenu à Lille fin novembre 2021, la Fédération Antadir, Association Nationale pour les Traitements À Domicile, les Innovations et la Recherche, a rappelé le rôle clé que jouent les Services d’Assistance au Retour à Domicile (SARD) dans le suivi du traitement à domicile de ces patients et l’amélioration de leur qualité de vie. L’Antadir a également présenté les dernières nouveautés consacrées au suivi à domicile des troubles respiratoires.

La Covid-19 a renforcé les problématiques des troubles du sommeil

Le virus a non seulement bousculé la qualité du sommeil des Français mais a également révélé trois points essentiels :

1. Les patients souffrant d’apnée centrale du sommeil sont plus à risque de contracter une forme grave de la Covid-19.

2. De nombreux patients atteints de la Covid-19 ont été diagnostiqués d’une apnée du sommeil lors de leur hospitalisation sans en avoir eu connaissance auparavant.

3. Certains ont développé par la suite, une insuffisance respiratoire chronique, nécessitant une oxygénothérapie au long cours.

De nouvelles avancées dans le domaine de la prise en charge respiratoire à domicile :

Le télésuivi assure une meilleure observance des patients

Des nouveautés concernant le télésuivi de la PPC (Pression Positive Continue) ont été rapportées au cours de ces deux dernières années visant à améliorer la prise en charge des patients. La pandémie de Covid-19, a notamment permis de développer davantage la téléconsultation, la télétransmission de polysomnographies réalisées à domicile, et le télésuivi des patients.

Une étude australienne menée auprès de 18 000 patients a notamment analysé l’intérêt d’intégrer dans le suivi de ces derniers, des données de qualité de sommeil et de qualité de vigilance diurne. Ces données ont également été utilisées pour évaluer l’observance au long cours. À l’initiation du traitement, 77,4% des patients se disaient très somnolents ou modérément somnolents, alors qu’après un mois de traitement, 60% des patients déclaraient n’avoir plus de somnolence ou seulement de très légères hypersomnies diurnes.

“Il est aussi intéressant de souligner l’association entre l’amélioration du niveau de vigilance diurne et l’observance vis-à-vis du traitement, à un mois comme à six mois. Ce résultat est essentiel car il montre que le fait d’apporter des informations complémentaires à travers ce télésuivi, permet de suivre les patients de manière nettement plus efficace” explique le Pr Jean-Claude Meurice, Pneumologue au CHU de Poitiers

Vers un nouveau référentiel de prise en charge du syndrome d’apnée du sommeil central

Lors de son intervention au symposium de la Fédération Antadir, le Dr Dany Jaffuel, Pneumologue au Service des maladies respiratoires et des troubles respiratoires du sommeil, Polyclinique St Privat, Boujan sur Libron, a fait part des nouveautés concernant la prise en charge du syndrome d’apnées-hypopnées du sommeil central (SAHS), en dévoilant notamment, les éléments clés du nouvel algorithme décisionnel, proposé par la SFRMS qui devrait paraître en 2022.

Cet algorithme repose sur la même base que le référentiel de l’ERS : seuls les patients avec un SAHS central symptomatique sont traités et la recherche d’une étiologie comorbidité est un préalable à tout traitement. Mais il essaie de tenir compte des particularismes français en matière de prise en charge, proposant notamment une gazométrie sanguine et une échographie cardiaque, avant de recourir à une possible ventilation.

Les patients en post Covid-19 nécessitent l’instauration de nouvelles modalités de traitement pour répondre à leurs besoins

Les premières données de suivi de l’épidémie de Covid-19 à un an, indiquent que les patients ayant contracté la maladie, pourraient bien représenter une nouvelle population d’insuffisants respiratoires chroniques dans les années à venir.

Une atteinte pulmonaire persiste à 12 mois chez certains patients et 20% conservent une DLCO inférieure à 80% de la valeur théorique. Avec le déclin lié à l’âge, il est probable que ces patients puissent développer une insuffisance respiratoire dans le futur. Il s’agit pour la plupart de personnes avec des atteintes pulmonaires sévères, observées au scanner en phase aiguë et ayant été prises en charge en réanimation.

Selon le Dr Maxime Patout, Pneumologue au service des Pathologies du sommeil à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière « L’oxygénothérapie de déambulation est une option intéressante pour aider au cours de la réhabilitation des patients post-covid désaturant à l’effort. Les résultats d’études cross over ont montré que les patients atteints de pneumopathie interstitielle étaient moins essoufflés, avaient moins de désaturation, et une distance parcourue au test de marche plus importante de 20m avec une fréquence cardiaque maximale qui était moins importante sous l’oxygène, une meilleure récupération”.

Par ailleurs, le télésuivi de l’oxygénation à domicile a permis d’éviter de nombreuses hospitalisations pour les patients atteints de covid suivi depuis chez eux permettant de soulager l’hôpital. De même, au décours de l’infection, l’oxygénothérapie à domicile avec surveillance à distance de la saturation a permis de faciliter les retours à domicile et de faciliter la rééducation respiratoire.

Les SARD, un acteur essentiel pour assurer l’efficacité des traitements à domicile

La vague de contamination par la Covid-19 a fait émerger un nombre important de nouveaux patients ayant développé une insuffisance respiratoire due à des fibroses pulmonaires liées à la Covid-19. Ces derniers ont désormais besoin, lors de leur retour à domicile, d’un accompagnement adapté par les prestataires de santé, avec la mise en place d’une surveillance sur le long terme.

Cette nouvelle vague de patients vient s’ajouter à ceux déjà pris en charge pour de l’apnée du sommeil, ou une autre pathologie nécessitant la mise en place d’un appareillage spécifique.

La prise en charge de ces patients par les prestataires de santé à domicile est plus que jamais indispensable ! Elle permet non seulement :

- De renforcer leur adhésion au traitement,

- De vérifier le bon fonctionnement des dispositifs médicaux mis en place (PPC, ventilation centrale…),

- D’optimiser la bonne observance de ces patients pour que le traitement soit équilibré et parfaitement ajusté,

- D’assurer le suivi et l’observance des traitements à domicile sur toute leur durée.

La prise en charge à domicile des patients souffrants d’insuffisance respiratoire est primordiale. Malheureusement, les coupes budgétaires impactant une nouvelle fois le secteur, rendent de plus en plus complexe le maintien d’un niveau élevé de ces prestations individualisées en France.

“Selon une étude menée en France et en Angleterre, cet accompagnement est d’autant plus avéré que l’on constate que les Français utilisent leur appareillage deux heures de plus que les Anglais. Pourquoi ? Sans doute parce que ces derniers bénéficient d’un accompagnement humain qui les aide à mieux assimiler leur traitement, contrairement à leurs voisins d’Outre-Atlantique. ” précise Maxime PATOUT.

“L’ensemble des adhérents de la Fédération Antadir, souhaite maintenir la qualité de leurs prestations, mais également la qualité des dispositifs utilisés. C’est pourquoi nous souhaitons maintenir la qualité de notre prise en charge dont le premier objectif d’accompagner les patients qui en ont besoin. Les nouvelles restrictions budgétaires imposées à notre secteur menacent véritablement notre profession et ses acteurs, au moment où les patients ont le plus besoin de nous” explique le Pr Boris MELLONI, Président de la Fédération Antadir.

https://www.antadir.com/

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