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Dossiers

Résultats de l’enquête sur l’état des lieux de la filière open source en France

Publication: 3 juin

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A l’initiative du CNLL, du Pôle Systematic Paris-Region, de Solibre et de Nouvelle Aquitaine Open Source (NAOS), une enquête, menée auprès de 140 entreprises et d’une vingtaine de personnalités de l’écosystème, dresse un état des lieux de la filière open source en France...
 

Un état des lieux de la filière open source en France, que ce soit en termes de maturité, de modèles économiques ou de marchés adressés, et met en évidence sa volonté et sa capacité à répondre aux aspirations actuelles de la société en termes de souveraineté numérique et d’éthique dans le numérique. Elle met en évidence l’attente par la filière d’une véritable politique industrielle du logiciel libre en France et en Europe.

1. Un marché dynamique, constitué d’entreprises matures et résiliantes par rapport à la crise, qui bénéficient aujourd’hui de belles perspectives de croissance

L’analyse du profil des entreprises interrogées montre un secteur constitué en majeure partie (94 %) de TPE/PME, avec un degré certain de maturité (âge médian 11,5 années) et ayant un fort potentiel d’internationalisation. En effet, ces entreprises réalisent, en moyenne, 20,5% de leur chiffre d’affaires hors France, contre 16,7% dans le secteur numérique. Elles ont globalement bien résisté à la crise de la COVID, leurs dirigeants se disant largement confiants dans l’avenir de leur entreprise et celui de l’écosystème libre et open source. Une majorité de dirigeants s’inquiète cependant pour l’économie française avec, à terme, la question de la pérennité des commandes des clients B2B. La filière du libre reste par ailleurs fortement créatrice d’emplois : 61,1% des entreprises s’apprêtent à recruter cette année.

2. Dans une diversité de modèles économiques au sein de la filière open source, le modèle éditeur prend de l’ampleur

Bien que l’activité de service reste très présente, on peut noter qu’une majorité (57,1%) des sociétés sont éditrices de logiciels. Les modèles économiques évoluent en conséquence naturellement vers les solutions (facturation à l’usage, vente de licences, freemium / open core…). L’édition de logiciels accroît son importance comme moteur essentiel de l’activité des entreprises du secteur.

Pour Pierre Baudracco, fondateur de BlueMind, co-président du CNLL et président de SoLibre, cluster CNLL de la région Occitanie, « les résultats de l’enquête confirment l’évolution de l’écosystème Open Source professionnel français qui accompagne la généralisation du numérique : des entreprises plus matures, qui se tournent plus vers les solutions métier et l’utilisateur final, avec une croissance des modèles de revenus d’édition. Cette transition doit être comprise et accompagnée par l’achat public pour l’amélioration de notre indépendance technologique. »

3. La filière open source est au cœur d’enjeux majeurs en termes de compétitivité économique et de souveraineté numérique

De par ses valeurs de transparence, d’ouverture, de contrôle des données et de liberté, le logiciel libre a clairement des atouts pour renforcer l’autonomie stratégique des acteurs publics et privés, en France et en Europe. Si 88,3% des répondants estiment que les principes clés de l’open source peuvent contribuer à préserver la souveraineté numérique de la France et de l’Europe, ils sont par ailleurs nombreux à reconnaître qu’expliquer la valeur ajoutée du libre en matière de souveraineté peut requérir de la pédagogie. Des efforts de sensibilisation, formation et pédagogie doivent donc être poursuivis, en concertation avec toutes les parties concernées.

4. Au-delà de quelques initiatives isolées, l’État ne joue pas son rôle de moteur de l’économie numérique pour la filière open source

Seuls 1/3 des dirigeants de la filière estiment que la France met en œuvre une stratégie industrielle open source pour reconquérir de la souveraineté numérique et 2/3 d’entre eux estiment que les administrations n’encouragent pas suffisamment les logiciels libres et les formats ouverts, comme le prévoit pourtant la Loi depuis 2016, en particulier au niveau de la commande publique.

La commande publique occupe en effet une part importante dans l’activité des entreprises du libre (82,8% ont des clients dans le secteur public contre 93,3% dans le secteur privé). Ce chiffre confirme l’importance des politiques publiques pour développer la filière du logiciel libre.

L’État et les régions doivent aller plus loin dans les actions de définition et de mise en œuvre d’une véritable stratégie industrielle open source, en aidant les administrations à s’engager activement dans l’écosystème du libre et en donnant une vraie priorité à l’achat de produits et services open source français et européens, notamment issus de PME. De telles propositions n’ont rien de révolutionnaire, elles ont notamment été suggérées par le Conseil Economique, Social et Environnemental en 2019.

De fortes disparités régionales sont par ailleurs ressorties de l’étude. La plupart des régions ne communiquent pas autour d’initiatives en faveur d’un numérique libre et responsable, et seulement 9,7% des répondants rapportent que leur région a déjà une stratégie numérique appuyée sur le libre, avec des résultats tangibles. La région Nouvelle-Aquitaine fait ainsi figure d’exception et d’exemple, avec un soutien au logiciel libre et à l’open source depuis le début des années 2000, dont les modalités sont détaillées dans l’étude. Le soutien des régions aux filières du logiciel libre et du numérique ouvert sera donc un des enjeux des prochaines élections régionales.

5. L’open source est largement reconnu aujourd’hui comme un facteur d’éthique et les entreprises du secteur sont globalement déjà engagées dans cette démarche

Au-delà d’un attrait prévisible des acteurs du libre pour un numérique responsable sur le plan économique, social et environnemental, on observe que plus de 80% des entreprises de la filière sont déjà en-gagées dans une démarche éthique libre et responsable vis-à-vis de critères formels de responsabilité (détaillés dans l’étude) : la moitié d’entre elles a déjà formalisé de tels engagements et l’autre se déclare prête à le faire.

Pour Stéfane Fermigier, fondateur d’Abilian, co-président du CNLL, « la filière française du libre se voit, à juste titre, comme le fer de lance d’un numérique éthique et responsable, et de la reconquête de sa souveraineté numérique par la France et l’Europe. Ce sont des défis colossaux, que les approches collaboratives de notre écosystème, fondées sur nos valeurs d’ouverture, de transparence et d’inclusivité, pour une innovation au service de la société dans son ensemble, peuvent relever. Elle a pour cela besoin du soutien de toutes les parties prenantes, pouvoirs publics en tête, et de renforcer les collaborations en son sein entre tous les éléments de la chaîne de valeur du numérique ouvert. »

https://www.cnll.fr/

https://www.systematic-paris-region.org/

https://www.solibre.fr/

https://www.naos-cluster.com/

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