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Actualité des entreprises

Maîtriser l’instabilité lors du fraisage de profils

Publication: 25 août

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La sécurité du process est essentielle dans l’usinage de pièces à forte valeur ajoutée

Dans le fraisage de profils, l’instabilité se manifeste rarement par une défaillance soudaine. Elle se traduit plutôt par une réduction des vitesses d’avance, des cycles sans surveillance plus courts et une tendance des opérateurs à renoncer à des paramètres de coupe agressifs afin de protéger les pièces à grande valeur ajoutée. Alors que l’usinage du titane, des aciers inoxydables duplex et des superalliages réfractaires (SAR) se développe, le maintien d’un process stable devient un facteur clé de productivité. Dans cet article, Alvaro Ruiz, Global Product Application Specialist chez Sandvik Coromant, spécialiste mondial des outils de coupe, explique pourquoi la conception des outils s’articule désormais autour de la sécurité du process et d’une usure prévisible. Dans des secteurs tels que l’aéronautique, l’énergie et la fabrication de moules et matrices, les opérations de fraisage de profils sont rarement réalisées dans des conditions idéales. Les pièces présentent souvent des cavités profondes et des parois minces qui nécessitent une grande longueur de porte-à-faux et engendrent de fréquentes interruptions de coupe. Les matières génèrent des températures élevées, peuvent même s’écrouir et produisent régulièrement des copeaux difficiles à maîtriser. Dans ces conditions, la problématique ne se limite plus à la durée de vie de l’outil ; elle concerne le comportement du process dans le temps.

De faibles variations de charge copeau, de vibration et de stabilité des plaquettes s’additionnent et créent de l’imprévisibilité. Lorsque la confiance des opérateurs diminue, les approches se font plus prudentes en réduisant les conditions de coupe ou en limitant les opérations sans surveillance afin de protéger la pièce. Il en résulte une utilisation moins efficace des plaquettes et une baisse de l’efficacité globale.

Le défi de la stabilité

Le fraisage de profils génère des conditions de coupe très dynamiques lorsque l’outil se déplace dans des géométries complexes. L’usinage des poches dans le titane associe souvent de grandes longueurs de porte-à-faux à des parois flexibles, ce qui augmente les vibrations de l’ensemble. Dans les SAR tels que l’Inconel, la chaleur se concentre au niveau de l’arête de coupe, ce qui accélère l’usure et accroît le risque de défaillance. Les nuances d’aciers inoxydables et duplex ajoutent des contraintes liées à la résistance mécanique et au contrôle des copeaux, sollicitant à la fois la plaquette et le corps de la fraise tout au long du cycle d’engagement.

Dans cet environnement, la moindre incohérence au sein du système d’outils peut perturber la coupe. Cela s’explique par la convergence de plusieurs facteurs d’instabilité au niveau de l’interface de la plaquette, où les variations d’engagement et les charges thermiques se traduisent par des différences d’épaisseur de copeau et des écarts d’usure d’une dent à l’autre.

Les micromouvements de la plaquette constituent l’un des facteurs les plus influents. Même un très faible mouvement dans le logement de plaquette peut modifier l’épaisseur de copeau et la charge appliquée à l’arête, déséquilibrant ainsi l’usure. À mesure que ce déséquilibre s’accentue, la prévisibilité diminue et le risque de défaillance soudaine de l’arête augmente. Pour conserver la maîtrise du process, l’usure doit progresser de manière régulière et reproductible afin que les changements d’outil puissent être planifiés plutôt que dictés par des défaillances imprévues.

Équilibrer les forces de coupe

La maîtrise de la direction et de la répartition des forces est essentielle pour assurer la stabilité lors du fraisage de profils. Des forces radiales excessives augmentent les vibrations ; il est donc indispensable de contrôler la manière dont ces forces se répartissent dans le corps de la fraise afin de préserver la stabilité du process lorsque les conditions d’engagement varient.

La géométrie de l’outil constitue un levier majeur. La combinaison de géométries axiales et radiales contribue à réduire les vibrations en limitant la charge radiale tout en préservant la sécurité d’arête, notamment dans le titane et les aciers inoxydables où un engagement agressif peut rapidement déstabiliser la coupe.

L’utilisation d’une stratégie de fraisage grande avance joue également un rôle important. Dans de nombreuses opérations de profilage, la réduction de l’engagement axial associée à des plaquettes rondes permet de diminuer les forces de coupe radiales tout en augmentant l’avance, ce qui favorise le débit copeaux. Cette approche est particulièrement efficace pour le fraisage de cavités et les opérations avec grande longueur de porte-à-faux – elle y est souvent plus avantageuse que la recherche de la profondeur de passe maximale.

Une conception axée sur la sécurité du process

Le développement des outils se concentre de plus en plus sur le comportement de la fraise tout au long de sa durée de vie utile plutôt que sur sa capacité à atteindre des performances maximales dans des conditions optimales. Si l’usure est maîtrisée et que la coupe reste stable, les fabricants peuvent maintenir des paramètres élevés avec moins de risques. Cette attention portée au comportement en cours d’usinage a guidé le développement du corps de fraise CoroMill® MR20 : une fraise à plaquettes rondes positives conçue principalement pour les matières ISO M, ISO S et ISO P dans les opérations de fraisage de profils et de surfaçage.

Le nouveau logement de plaquettes est au cœur de cette conception. Une grande surface de contact entre la plaquette et le corps de la fraise réduit les micromouvements sous charge, ce qui contribue à maintenir une épaisseur de copeau constante sur l’ensemble des arêtes. Un positionnement stable améliore la répartition des charges et évite les déséquilibres précoces susceptibles de déstabiliser le process.

La longévité du logement est tout aussi importante. En conservant sa forme malgré les sollicitations répétées, la fraise évite les déformations progressives qui introduiraient autrement des variations au fil du temps. Au lieu d’une dérive progressive du comportement, les performances sont ainsi constantes tout au long de la durée de vie de l’outil.

Il en va de même pour le comportement global de l’usure. La fraise CoroMill MR20 est fabriquée avec des tolérances serrées au niveau du corps et un nouveau système de contrôle dimensionnel favorise une usure progressive et prévisible des plaquettes. Lorsque l’usure progresse de manière uniforme sur toutes les arêtes de la fraise, l’équilibre est maintenu, l’état de surface est plus facile à préserver et le risque de défaillance localisée d’une arête diminue.

La plaquette elle-même contribue à ce comportement. CoroMill MR20 utilise une plaquette ronde à six arêtes dotée d’un corps épais et robuste, capable de supporter les variations d’engagement sans compromettre la stabilité de l’arête. Il est ainsi possible d’atteindre des vitesses d’avance plus élevées sans pour autant accroître l’instabilité lors de la coupe. Cet avantage est particulièrement important lors du passage de l’ébauche à la semi-finition, où les variations de charge peuvent autrement déséquilibrer certaines arêtes.

Les applications dans le titane et les SAR introduisent un second défi : la concentration de chaleur autour de la zone de coupe. Un nouveau système intégré d’arrosage par le dessous contribue à réduire la température globale pendant l’usinage et à préserver plus longtemps le revêtement de la plaquette : l’usure est plus stable dans des matières qui, sinon, accentueraient les cycles thermiques et l’imprévisibilité.

Dans l’usinage moderne, la productivité dépend du niveau de confiance que l’on peut accorder au process. Des avances élevées n’apportent de valeur que si elles peuvent être maintenues sans risque. C’est pourquoi les stratégies de profilage s’éloignent désormais de la recherche de performances maximales sur de courtes périodes au profit de performances constantes capables de résister aux variations des conditions d’usinage.

Pour les pièces à forte valeur ajoutée, les répercussions sont immédiates. La mise au rebut d’une seule structure aéronautique ou un cycle interrompu sur une pièce à temps d’usinage élevé peut l’emporter sur tout gain marginal en matière de vitesse d’usinage. Lorsque le process reste stable, les ateliers peuvent travailler avec des avances plus élevées, davantage de certitude et des cycles plus longs avec moins d’interventions. Le résultat est un process qui se déroule comme prévu, de la première à la dernière pièce.

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