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Actualité des entreprises

Logitrans défie la vague française de l’automatisation avec une approche 80/20

Publication: 21 octobre

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Avec son nouveau LogiRobot, Logitrans mise sur le transport semi-automatisé de palettes sans intégration informatique pour le marché français. Selon l’entreprise, ce sont souvent les 20 derniers pour cent de l’automatisation qui génèrent le plus de complexité, de risques et de coûts.

En France, les nouvelles technologies gagnent du terrain et la logistique est de plus en plus automatisée. Selon une étude de marché de Grand View Research, le marché français des solutions intelligentes pour entrepôts devrait passer de 1,6 milliard de dollars en 2023 à 4,2 milliards de dollars en 2030. Cela correspond à une croissance annuelle de 15 %, faisant de la France le marché à la croissance la plus rapide dans ce domaine. Pour les entreprises souhaitant prendre part à cette évolution, la semi-automatisation peut constituer un point de départ pertinent.

Chez le fabricant Logitrans, l’ambition n’a pas été de développer une nouvelle solution d’entrepôt entièrement automatisée. Bien au contraire. Avec le lancement de LogiRobot, l’entreprise prend délibérément le contre-pied de l’idéal largement répandu d’une automatisation à 100 % et introduit à la place une approche 80/20 du transport de palettes : automatiser l’essentiel de la valeur, sans nécessiter de Wi-Fi, d’intégration ERP ni de longs projets informatiques.

- Nous constatons que de nombreuses entreprises investissent dans l’ambition d’une automatisation complète avant d’avoir atteint la maturité organisationnelle et opérationnelle nécessaire. Il en résulte souvent des phases de mise en œuvre longues et des budgets qui dérapent, explique Gitte Kirkegaard, directrice générale de Logitrans.

La recherche met elle aussi en évidence les défis liés aux solutions d’entrepôt entièrement automatisées. Des études menées notamment par l’université de Reutlingen et le Fraunhofer Institute for Manufacturing Engineering and Automation (Fraunhofer IPA) montrent que des limites aussi bien techniques qu’opérationnelles continuent d’affecter leur fonctionnement.

Par ailleurs, des travaux de l’université de Lund montrent que les petites et moyennes entreprises suédoises présentent globalement un niveau de maturité relativement faible en matière d’Industrie 4.0 et rencontrent souvent des difficultés liées notamment aux ressources, aux compétences techniques et à l’intégration lors de la mise en œuvre de nouvelles solutions d’automatisation.

Une poignée bien visible

Avec plus de 85 ans d’expérience dans le développement de solutions de manutention interne, Logitrans a acquis une connaissance approfondie du fonctionnement réel des technologies sur le terrain. Selon l’entreprise, cette expérience constitue le fondement de l’approche 80/20 qu’elle a retenue.

L’expression la plus visible de cette approche est la poignée du robot. Là où les solutions entièrement automatisées cherchent généralement à éliminer toute intervention manuelle, Logitrans a fait le choix de la rendre possible et visible.

- Pour certains, la poignée signale qu’il ne s’agit pas d’une solution entièrement automatisée. Pour nous, c’est un choix délibéré. Elle représente la flexibilité et le contrôle. L’opérateur peut prendre en charge la palette et, à tout moment, reprendre la main ou modifier la tâche si nécessaire, explique Gitte Kirkegaard.

Selon elle, l’enjeu consiste à atteindre le bon niveau d’automatisation plutôt que le niveau maximal.

Une approche semi-automatisée

Dans la pratique, l’approche 80/20 vise les déplacements répétitifs de palettes sur de longues distances, par exemple entre la réception des marchandises, les zones tampons et la production, ou encore entre la production et le stock de produits finis. C’est généralement dans ces déplacements qu’une part importante du temps et des ressources manuelles est mobilisée. Avec LogiRobot, l’opérateur prend la palette en charge, puis le reste du transport s’effectue automatiquement jusqu’à la destination définie.

Selon Logitrans, il s’agit d’automatiser les trajets qui n’apportent aucune valeur ajoutée au produit du client, sans transformer pour autant la solution en un projet d’intégration complexe.

– De nombreux projets d’automatisation prennent une ampleur considérable parce qu’ils sont dès le départ intégrés à l’ensemble de l’écosystème informatique. Nous avons au contraire choisi de nous concentrer sur une solution pouvant être mise en service rapidement et fonctionner de manière autonome. Cela réduit à la fois le temps de mise en œuvre et le risque global, explique Gitte Kirkegaard.

L’approche semi-automatisée permet également aux entreprises d’ajuster en continu les itinéraires et les tâches sans devoir procéder à d’importantes adaptations techniques lorsque les besoins opérationnels évoluent.

Les enseignements du marché Selon Logitrans, cette priorité repose sur l’expérience acquise sur le marché, où l’ambition de mettre en place des solutions entièrement automatisées ne correspond pas toujours à la réalité de l’entrepôt. Les projets peuvent devenir de plus en plus complexes lorsque les processus, l’agencement et les flux de travail internes doivent être adaptés à une solution d’automatisation strictement définie.

- Lorsqu’on vise une automatisation à 100 % dès le départ, les exigences en matière de stabilité et de standardisation deviennent très élevées. Or, la réalité évolue souvent au quotidien. Les volumes fluctuent, les itinéraires sont ajustés et les tâches changent. C’est souvent à ce stade que les projets deviennent plus coûteux et plus longs que prévu, explique Gitte Kirkegaard.

Elle souligne que l’objectif n’est pas de revoir les ambitions à la baisse, mais de construire l’automatisation étape par étape.

- Nous pensons que les entreprises doivent commencer par les processus pour lesquels les bénéfices sont clairement identifiables et la mise en œuvre maîtrisable. Une fois que l’organisation a enregistré un succès à ce niveau, elle peut poursuivre progressivement. L’automatisation n’est pas seulement une question de technologie : c’est aussi une question de maturité, conclut-elle.

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