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Actualité des entreprises

Allianz : les sinistres maritimes sont à leur plus bas niveau du siècle

Publication: 6 juin

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Rapport annuel sur la sécurité maritime 2019 : 46 grands navires perdus dans le monde en 2018, soit une baisse record de 50% en un an et de 55% par rapport à la moyenne (104) sur dix ans...
 

Le nombre de sinistres totaux diminue dans les zones les plus exposées, comme l’Asie du Sud-Est. Les sinistres liés aux conditions météorologiques baissent de moitié, au cours d’une année moins touchée par les tempêtes.

- Le nombre d’accidents de navigation reste stable. Les bris de machines en sont la principale cause, avec un montant d’un milliard de dollars d’indemnisation en assurance maritime sur cinq ans.

- Défis actuels du transport maritime : menaces politiques sur la sécurité des navires ; impact des règles d’émission en 2020 et hausse du nombre d’incendies.

Selon le Rapport annuel sur la sécurité maritime 2019 d’Allianz Global Corporate & Specialty SE (AGCS), les sinistres maritimes sont à leur plus bas niveau du siècle, en baisse sur un an de plus de 50% en 2018. Cette étude annuelle analyse les sinistres déclarés de navires de plus de 100 tonnes brutes.

En 2018, 46 sinistres totaux de navires ont été déclarés à travers le monde, contre 98 en 2017. Cette baisse est due à une diminution significative de l’activité dans la zone la plus exposée, l’Asie du Sud-Est, et à une réduction de moitié des sinistres liés aux conditions météorologiques (10), au cours d’une saison des ouragans et des typhons plus modérée.

Si la baisse du nombre de sinistres totaux est encourageante, le nombre d’accidents de navigation déclarés (2 698 en 2018) enregistre une faible baisse, soit moins de 1% sur un an. Les bris de machines en sont la 1ère cause, représentant plus d’un tiers des plus de 26 000 incidents survenus dans la dernière décennie, soit une part plus de deux fois supérieure à celle des collisions, la 2ème cause d’incidents. Ces événements constituent également l’une des causes de sinistres les plus coûteuses : plus d’un milliard de dollars sur cinq ans.

« La baisse record du nombre de sinistres totaux, en 2018, est certes liée à des circonstances favorables, mais elle résulte aussi d’une amélioration à long terme de la sécurité dans le transport maritime, explique Baptiste Ossena, directeur monde des produits d’assurance maritime chez AGCS. L’amélioration de la conception et de la technologie, le renforcement de la réglementation et la fiabilité accrue des systèmes de gestion de la sécurité sur les navires ont contribué à éviter que les pannes et accidents provoquent des sinistres graves. Toutefois, l’absence d’une baisse générale des accidents de navigation, l’accroissement des risques politiques sur la sécurité des navires, l’entrée en vigueur de nouvelles règles d’émission en 2020 et l’augmentation du nombre d’incendies à bord sont autant de défis. »

Les zones les plus exposées et les principales causes de sinistres

La région maritime de la Chine méridionale, de l’Asie du Sud-Est, de l’Indonésie et des Philippines reste à la 1ère place du classement. Elle totalise 12 sinistres, soit un sur quatre survenus dans le monde en 2018, un chiffre toutefois sensiblement plus bas que les 29 sinistres enregistrés en 2017. Les régions de l’Est de la Méditerranée et la mer Noire (6) et des îles Britanniques (4) arrivent respectivement en 2ème et 3ème places. Malgré des signes d’amélioration, l’Asie demeurera une zone à risques en assurance maritime, compte tenu de la forte activité commerciale, de l’encombrement des routes maritimes et de l’âge des flottes. La modernisation des infrastructures, l’amélioration des opérations portuaires et la mise à jour des outils de navigation aideront toutefois à relever ces défis.

Les cargos (15) représentent un tiers des navires perdus dans le monde l’année dernière. La principale cause de sinistres totaux reste la perte par le fond, avec plus de la moitié (551) des 1 036 navires perdus dans la dernière décennie. En 2018, 30 cas ont été enregistrés.

Les incendies continuent de provoquer d’importants sinistres à bord, avec un nombre d’incidents déclarés (174) en hausse. Cette tendance se poursuit en 2019, avec les problèmes récents sur des porte-conteneurs et trois événements importants sur des transporteurs de véhicules. Les irrégularités de déclaration de cargaisons, notamment dans l’étiquetage et l’emballage des marchandises dangereuses, seraient responsables de plusieurs incendies en mer. Or, les capacités de lutte contre l’incendie à bord peuvent être limitées. Si une assistance extérieure d’envergure est nécessaire, le navire peut être gravement endommagé avant l’arrivée des secours, ce qui accroît sensiblement le montant d’une indemnisation à ce titre. La perte de centaines de conteneurs à bord d’un méga navire, survenue au début de l’année 2019, rappelle, en même temps, que les avaries de cargaison restent le principal motif de demande d’indemnisation en assurance maritime, représentant un sinistre sur cinq survenus dans les cinq dernières années.

Les défis liés aux règles d’émission

La réglementation limitant les émissions d’oxyde de soufre, qui entrera en vigueur en 2020, devrait changer la donne dans le transport maritime. Elle aura des conséquences importantes sur les coûts, la conformité et les équipages. Les grands ports internationaux envisagent même de déployer des drones dits « renifleurs », afin de détecter les contrevenants aux dispositions environnementales : les navires qui n’utilisent pas de carburants à faible teneur en soufre, plus coûteux, pourraient encourir des amendes élevées. « Le transport maritime doit jouer son rôle dans la préservation de l’environnement, » souligne le capitaine Rahul Khanna, directeur monde du conseil en risques maritimes chez AGCS. « Mais alors que la date d’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation approche, nous manquons encore de normes internationales ; la disponibilité et la compatibilité des carburants à faible teneur en soufre soulèvent aussi des préoccupations. Les assureurs s’inquiètent d’une éventuelle hausse des sinistres à cause de pannes de machines avec l’introduction des carburants à faible teneur en soufre, si la transition n’est pas bien gérée. Les perturbations et les retards dans le transport maritime risquent aussi d’augmenter en cas de pénurie de carburants conformes et compatibles dans les ports. »

L’évolution des risques de sécurité

Le risque politique s’est accru dans le monde entier et constitue une menace croissante sur la sécurité maritime, le commerce et les chaînes d’approvisionnement, en raison de conflits, litiges territoriaux, cyber-attaques, sanctions et actes de piraterie, voire de sabotage, comme le montrent les attaques perpétrées récemment sur des pétroliers au Moyen-Orient. La hausse du nombre de migrants en mer et de passagers clandestins sur les navires de commerce a également des conséquences graves pour les propriétaires de navires, car elle entraîne des retards, des déroutements et des pressions sur les équipages. En 2018, le Nigeria prend la première place du classement en nombre d’actes de piraterie, dépassant la barre des 200.

Autres aspects des risques abordés par le Rapport annuel sur la sécurité maritime 2019 d’AGCS :

- L’augmentation du nombre d’incidents sur les grands navires est préoccupante : la capacité des porte-conteneurs a presque doublé en une décennie et les scénarios les plus pessimistes envisagent des sinistres de 4 milliards de dollars à l’avenir.

- La fiabilité de la technologie : les systèmes qui améliorent la sécurité des navires sont importants pour réduire les risques et les montants des sinistres, mais des accidents continuent de se produire en raison d’une trop grande dépendance à la technologie ; sans parler des sinistres causés par l’inattention d’un membre d’équipage au téléphone.

- Les navires autonomes font des vagues : les progrès continuent, mais la technologie ne sera pas la panacée si la cause profonde des incidents et des sinistres n’est pas traitée.

- Événements de mer : les navires qui ont connu le plus de sinistres l’année dernière sont trois ferries des îles grecques, tous impliqués dans huit incidents différents.

AGCS fournit des services internationaux d’assurance maritime et transport contre tous types de risques, aussi bien pour un navire ou une cargaison que pour des flottes complexes et de grandes entreprises de logistique. La ligne Assurance maritime a représenté 11% du volume de primes, de 8,2 milliards d’euros, émises par AGCS en 2018.

http://www.agcs.allianz.com/

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