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Vers une logistique du dernier kilomètre décarbonée & silencieuse Atouts et contraintes

Publication: 31 mars

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La majorité des biens consommés en ville est transportée aux citadins par camion, moyen actuel le plus adapté bien que bruyant et polluant...
 

Alcimed, société de conseil en innovation, se penche sur la logistique de ces derniers kilomètres de trajet et plus particulièrement sur son impact environnemental - pollution atmosphérique et sonore - qui est aujourd’hui l’objet de nombreuses actions et innovations.

La problématique du dernier kilomètre : un des axes du changement durable des villes

Face à une urbanisation grandissante et à une augmentation de la pollution en ville, les autorités locales se doivent d’être exemplaires dans la mise en place d’actions environnementales. C’est d’autant plus vrai que les véhicules municipaux (camions de collecte de déchet ou de nettoyage, bus scolaire, etc.) couvrent de longues distances en ville et sont une source importante de pollution. A titre d’exemple, lés de Copenhague ont déjà réussi à rendre leurs véhicules publiques électriques ou à propulsion hydrogène (hors ambulances et services médicaux).

Pour améliorer les conditions environnementales en ville, certains font le choix de bannir ou de contraindre la circulation des véhicules. Des villes allemandes comme Stuttgart, Dusseldorf ou Berlin ont été précurseurs dans ce domaine en promouvant des LEZ (Low Emission Zone) dès 2008. Ces zones qui couvrent dorénavant la majeure partie des centres villes, proscrivent la circulation des véhicules particuliers n’étant pas aux normes imposées. Certaines de ces zones interdisent aussi l’accès aux véhicules de fret non conformes aux normes comme à Copenhague.

« Cependant, les interdictions de circuler imposées au transport de fret sont relativement peu contraignantes et ne concernent généralement que certaines plages horaires et les véhicules les plus vieux. » précise Jean-Philippe Tridant Bel Directeur de la BU Energie, Environnement et Mobilité d’Alcimed. « Pour autant, le bilan environnemental du transport de marchandises est lourd en ville, notamment à Paris, où l’on estime qu’un véhicule sur cinq en circulation transporte des marchandises. » ajoute-t-il également.

Des initiatives voient le jour pour rendre plus propre le transport de fret « dernier kilomètre »

Les transporteurs de marchandises traditionnels comme DHL font déjà des efforts importants pour rendre leur métier plus vert.

Le groupe a ainsi été un des premiers à utiliser des vélos triporteurs pour assurer des livraisons « dernier kilomètre » (plus de 300 000 colis livrés de manière verte en 2014) et utilise également des véhicules Colibus, utilitaires électriques de 6 à 8 m3. Le transporteur ID Logistic quant à lui s’est fourni en camions hybrides de 26 tonnes pour le compte de Carrefour dans les centres villes de Marseille et Nice, ce qui permet de réduire l’impact en ville où la motorisation électrique remplace le diesel.

[1] Selon les chiffres publiés par le Comité d’analyse stratégique

« Certains misent encore plus sur l’atout écologique comme le transporteur DERET avec sa flotte de plus de 50 poids lourds "100% électriques, 100% propres" dédiés à la livraison des centres villes des grandes agglomérations françaises » selon Arthur Torrin, consultant au sein de l’activité Energie, Environnement et Mobilité chez Alcimed.

Dans le même temps, de nouveaux arrivants profitent du marché du colis en expansion (780 millions en 2014 contre 602 millions de colis en 2004, même s’il reste modeste dans la logistique urbaine soit entre 5% à 10 % des flux de marchandises en villeévelopper une offre de transport du dernier kilomètre légère et écologique. Des transporteurs à vélos ou triporteurs comme Toutenvélo proposent des courses rapides ou des déménagements ; des livreurs de repas à domicile comme Foodora se déplacent désormais à vélo en ville. VertChezVous a développé des plateformes multimodales où il décharge ses barges arrivée sur la Seine avec des vélos ou utilitaires électriques afin d’envoyer les marchandises sur Paris.

La contrepartie du respect environnemental : une augmentation du coût de fonctionnement / du dernier kilomètre plus élevé pour les transporteurs

Les contraintes imposées aux transporteurs (normes d’émission européennes, réglementation locales) se refléteront inévitablement sur leur prix de fonctionnement, le surcoût pour les transporteurs utilisant des véhicules électriques est estimé à 20 à 30 % par rapport aux véhicules thermiques traditionnelsétés de fret de prendre rapidement le tournant de cette transformation sans aide des pouvoirs publics et sans changement de la demande des consommateurs.

Les problématiques de la logistique du dernier kilomètre sont propres à chaque zone urbaine et les décisions dans le domaine du fret auront un poids important ou décisif sur l’attractivité et le dynamisme commercial des villes. Il ne suffira pas non plus de s’attaquer à l’une des problématiques de manière individuelle, ainsi remplacer tous les véhicules de fret polluants par des véhicules électriques ne résoudra pas les problèmes d’embouteillage que rencontrent les villes aujourd’hui.

« Il semble enfin que les solutions les plus simples et les plus pragmatiques d’optimisation des trajets et de mutualisation des marchandises permettront de régler de nombreux problèmes et de réduire les coûts. C’est le cas du projet européen LaMilo qui expérimente de développement de cartes digitales des routes ainsi que des pistes cyclables pour faciliter les projets de livraison multimodaux. » conclut Jean-Philippe Tridant Bel.

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