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Paralysie faciale : de l’exploration 3D au projet artistique

Publication: 17 juillet

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Lorsqu’en 2019 le directeur artistique Vic McEwan, s’est servi pour la première fois d’un scanner 3D afin de scanner le visage d’un patient souffrant de paralysie faciale, il avait avant tout un objectif d’exploration...
 

Mais cet objectif s’est vite transformé en projet médical et artistique.

Paralysie faciale : de l’exploration 3D au projet artistique : La paralysie faciale ( la perte de la motricité du visage résultant d’une atteinte du nerf facial) touche 1,5 % de la population mondiale à un moment donné de leur vie. Elle a souvent un impact sur les interactions du patient avec son entourage et sur la façon dont ce dernier le perçoit : outre ses effets négatifs sur la parole et la vision, la paralysie faciale modifie également l’apparence et les expressions faciales des patients. Ces derniers sont constamment fixés du regard et ont plus de risques de souffrir de dépression.

« Grâce à cette technologie qui permet d’obtenir des images numériques de très haute qualité en trois dimensions, nous avons compris que nous pourrions les utiliser pour explorer les émotions se cachant derrière la paralysie faciale », explique l’étudiant de l’université de Sydney.

Lorsque le musée Tate Liverpool a proposé d’exposer le travail de Vic McEwan, le concept de l’exposition s’est élargi. « Je me suis dit qu’il serait intéressant de montrer que les personnes souffrant de paralysie faciale ne sont pas les seules à avoir un problème avec leur visage, plutôt que de simplement montrer le travail que nous avions fait, explique le directeur artistique. C’était l’occasion de dialoguer avec les gens en les scannant. »

Art et médecine rassemblés par le scan 3D

Sous la supervision du Dr Susan Coulson, membre fondateur du Sydney Facial Nerve Service et éminente physiothérapeute spécialiste de la paralysie du nerf facial, McEwan a commencé à explorer les points communs entre la médecine, la technologie et l’art.

Début mars 2020, les visiteurs du Tate Liverpool ont été invité à participer à l’exposition interactive et multidimensionnelle : « S’ils prennent le temps de me connaître ». Leur visage est scanné avec un scanner 3D, Artec Eva, les données traitées en temps réel à l’aide d’Artec Studio, logiciel de modélisation 3D rapide, tandis qu’une imprimante 3D fabrique les visages les uns après les autres. Démarrant le projet avec quelques-uns de ses précédents travaux, McEwan espère, d’ici la fin de l’exposition, avoir cent visages imprimés et suspendus à un mur.

Outre le scan et l’impression des visages, plusieurs installations contribuent à rendre l’exposition immersive. Dans une vidéo, des patients scannés parlent de cette expérience.

Le scan 3D permet également d’expérimenter la façon dont les visiteurs arrivent dans la galerie : ils peuvent interagir comme ils veulent avec les œuvres d’art que ce soit de façon approfondie en y participant, ou rapidement en tant que spectateurs.

Un poème 3D international et universel

Patrick Thorn & Co., partenaire d’Artec 3D au Royaume-Uni qui a fait découvrir et mis à disposition les scanners 3D à McEwan soutient l’exposition à Liverpool. « Dans le cas présent, c’était merveilleux de voir les mondes de la médecine et de l’art se rejoindre, sans parler de cette coopération internationale entre l’Australie et l’Angleterre ! »

Grâce aux photographies affichées au mur, les visiteurs découvriront les coulisses et comment les données sont générées. « Quand j’ai montré des captures d’écran à ma fille de neuf ans, celle-ci s’est exclamée : Waouh, tu as vu tous ces papillons qui forment des visages !, » se rappelle McEwan. « Même dans les données du logiciel, il y a une multitude de belles images qui sont presque poétiques. »

À cette croisée de la médecine, de l’art et de la technologie, scanner en 3D le visage des gens et numériser des choses qui passent souvent inaperçues ajoute un nouvel élément à une exposition déjà immersive et inclusive.

« J’entre dans un monde médical où tout doit être connu, où les gens répètent que ce qui n’est pas mesurable n’est pas un fait réel, » commente McEwan. « Moi je dis l’opposé : les choses que nous ne pouvons pas mesurer contiennent tant d’informations dépassant le domaine clinique ou pratique, et vitales pour que nous puissions nous comprendre. »

http://www.artec3d.com/

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