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Dossiers

IA et santé : entre espoirs et interrogations ?

Par Mélissa Périé, Responsable Conférences AI Paris 2020

Publication: 29 mai

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L’IA comme solution pour diagnostiquer les cancers et créer de nouveaux médicaments ?...
 

A l’occasion de la prochaine édition d’AI Paris, qui se déroulera les 14 et 15 septembre 2020 à la porte de Versailles, une étude téléphonique a récemment réalisée auprès de professionnels sur le secteur de l’Intelligence Artificielle (IA) et ses enjeux actuels.

A la question, « quel est le secteur le plus impacté par l’IA ? », la majorité des réponses des Data Scientist, Chiefs Innovation Officer, Directeurs IA, ou encore R&D Managers interrogés ont désigné le secteur médical. Dans un contexte de crise sanitaire qui touche une grande partie de la population et impacte tous les secteurs d’activité, ces synergies entre IA et santé qui fascinent, interrogent et font débat sont d’autant plus d’actualité.

Les difficultés de diagnostics de cancer soulagées par de l’IA ?

L’IA associée au domaine de la santé, se caractérise au travers d’outils de diagnostics puissants, visant à aider le corps médical dans les recherches de diverses maladies, et non à le remplacer.

Plus loin que les diagnostics, l’IA va jusqu’à concevoir des traitements adaptés aux patients selon leur pathologies.

Ce secteur regorgeant de nombreux champs d’application, la priorité a été donnée à l’aide aux diagnostics de cancers, aux progrès liés aux pathologies cardiovasculaires, et aux médicaments créés par des IA.

Selon l’Agence Nationale de Santé Publique, le cancer du sein touchait 59 000 nouvelles personnes en France en 2018. S’agissant de la première cause de décès chez la femme, la recherche a souhaité se focaliser sur ce fléau. Ce n’est autre que Google qui a récemment mis en place un algorithme permettant de détecter certaines tumeurs du sein, plus efficacement que les mammographies. L’algorithme s’est entrainé des mois sur près de 29 000 mammographies existantes. La différence avec un médecin ? La détection de tumeurs même très peu visibles à l’œil nu, leur détection au stade le plus précoce pourrait bien sauver plus de vies.

Du côté des cancers de l’appareil digestifs, Owkin, start-up qui a le vent en poupe, a déjà mis en place des modèles de machine learning générant des médicaments ayant la capacité de soigner efficacement certaines maladies comme le cancer des poumons et prévenant les rechutes des malades. Enfin, d’autres cancers, comme celui des poumons ou de la peau, ont également connu des progrès récemment, à l’instar de L’IA qui aiderait dans les traitements d’immunothérapie. L’institut Gustave Roussy, premier centre de lutte contre le cancer en Europe, a d’ailleurs lancé une étude en 2019 à ce sujet. Elle a mis en évidence le rôle prépondérant que pourrait avoir une IA dans la prédiction de guérison des cancers. L’algorithme, capable d’analyser des images, sera capable d’évaluer le niveau d’infiltration d’une tumeur et donc de détecter si le meilleur traitement peut être de l’immunothérapie. Cette détection très fine permettra de détecter plus de tumeurs sans avoir à réaliser de biopsie.

La cardiologie, trop peu plébiscitée par les chercheurs ?

A l’heure actuelle, seuls quelques établissements de santé déploient des outils d’IA permettant d’améliorer la cardiologie, cependant les premiers résultats s’avèrent prometteurs. C’est le cas de ceux réalisés avec l’aide de la start-up Cardiologs, dont l’algorithme a été entrainé pour une lecture des diagnostics cardiaques en 5 minutes, au lieu de 30 minutes habituellement. Les électrocardiogrammes et résultats d’holter (écoute de l’activité du cœur sur une durée donnée) sont envoyés sur une plateforme sécurisée, offrant un accès à un diagnostic. L’intelligence humaine valide cependant toujours la dernière phase. Cet outil a permis notamment de libérer davantage l’agenda des médecins, mais aussi de faire bénéficier de rendez-vous plus attentifs aux patients. Enfin, l’IA a permis d’être connecté plus facilement aux pacemakers des patients, les données peuvent être collectées plus rapidement et diagnostiquées en temps réel, offrant ainsi la possibilité aux patients d’être traités plus rapidement en cas de besoin, et aux cardiologues de gagner un temps considérable dans le suivi médical de leurs patients.

L’avènement des médicaments conçus par des IA

Si on vous avait dit il y a 10 ans qu’on devait vous administrer un médicament fabriqué par une IA, auriez-vous accepté ? Aujourd’hui, des avancées sont palpables, comme le prouvent deux typologies de médicaments qui ont vu le jour récemment :

A commencer par un traitement dédié aux T.O.C (troubles obsessionnels du comportement) mis au point par la société britannique Exscientia et une équipe de chercheurs japonais. L’IA a servi à identifier des molécules et à tester lesquelles seraient plus à même de lutter contre la maladie, à vitesse grand V. A priori, de nombreux chercheurs y passeraient environ 3-4 ans, l’IA en question a mis 12 mois. Même si ces résultats s’avèrent spectaculaires sur cette pathologie, des cellules de tests ont été mises en place pour tester son efficacité. Beaucoup de précautions sont prises dans cet essai clinique. Résultats définitifs dans quelques mois…

Par ailleurs, des chercheurs du MIT sont parvenus à créer une IA capable de produire un antibiotique très puissant, ce qui a fait le buzz dans le monde de la santé début 2020. Tous ces procédés bluffants à base d’algorithmes sont toutefois à prendre avec des pincettes. Derek Lowe, chimiste mondialement réputé qui œuvre pour la découverte de nouveaux médicaments, appelle à la prudence. Selon lui, les rouages d’une intelligence artificielle ne permettent pas à l’humain de saisir les développements d’une maladie. Cela pourrait-il aller jusqu’à freiner la recherche ?

D’autres sont d’avis que l’automatisation et l’aide de certains diagnostics offrent plus de temps précieux aux chercheurs et médecin, aussi bien dans le soin de patients que dans la recherche.

Quant à l’Agence européenne des médicaments (AEM) et l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), ils encadrent strictement cette utilisation pour limiter les risques et potentielles erreurs sur les patients.

Enfin, si le sujet fait débat, il soulève également la question des lobbies pharmaceutiques. Cette mine d’or est plébiscitée par les plus grands laboratoires au monde. Chercheurs dépassés et laboratoires laissés sur la touche s’empressent de critiquer certains mécanismes, dont on ne peut pourtant nier qu’il s’agit bel et bien de progrès !

http://www.aiparis.com/

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