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Quel niveau de protection face à la nécessaire maîtrise des contaminations ?

Par Sébastien Alix Le Guen, Directeur scientifique chez Lab’Science

Publication: 8 mai

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Alors que le niveau de sécurité des laboratoires de biologie est souvent évoqué, pour ne pas dire discuté, dans l’actualité, il semble important de faire le point sur les garanties de sécurité qu’ils offrent en réalité...
 

Rappel utile pour commencer : les niveaux de sécurité biologique des laboratoires reposent d’une part, sur les exigences des confinements statique et dynamique ; et, d’autre part, sur les exigences des équipements de protection collective et individuelle.

Les laboratoires de biologie sont faits pour travailler sur les micro-organismes (bactéries, virus, champignons, parasites et prions) pathogènes pour l’Homme mais aussi pour les animaux. Ils doivent assurer la protection des travailleurs et de leur environnement.

En France, il existe à ce jour 3 niveaux de sécurité biologique des laboratoires définis par l’arrêté du 16 juillet 2007. Dans le monde, un document de référence en la matière a été réalisé par l’OMS : le Manuel de sécurité biologique en laboratoire - Troisième édition.

Les niveaux de sécurité biologique sont numérotés de 2 à 4 :

- Le niveau 2 est le niveau le plus bas. Il repose sur des exigences en lien avec la protection collective et quelques mesures de conception (les surfaces doivent être facilement nettoyables et décontaminables par exemple). Les personnels sont équipés au minimum d’une blouse de protection, de gants et de chaussures réservées pour le laboratoire.

- Le niveau 3 - dit de haute sécurité biologique - est conçu de manière à assurer un confinement statique : les murs, les plafonds, les portes et les fenêtres sont étanches à l’air. Le confinement statique est complété par un confinement dynamique assurant une pression d’air négative dans le laboratoire et une filtration de très haute efficacité des particules de l’air extrait. Les personnels sont équipés d’EPI, au minimum le port d’une combinaison intégrale, de gants et d’un masque respiratoire de type FFP2 ou FFP3.

- Le niveau 4 est le niveau le plus élevé. Il est dit de très haute sécurité biologique. Son confinement statique est absolu. Son confinement dynamique est le même que le niveau 3 avec en plus une double filtration particulaire de très haute efficacité de l’air extrait. Les personnels sont équipés d’un scaphandre en surpression d’air pour garantir leur sécurité à tout moment.

Les niveaux 3 et 4 sont réservés au travail sur les micro-organismes les plus dangereux qui provoquent soit :

- Une maladie grave pour l’Homme (de type COVID-19 par exemple)

- Une maladie mortelle (de type Ebola par exemple).

La France dispose d’un important réseau de laboratoires de niveau 3 dans les secteurs de la biologie médical et vétérinaire. Ces laboratoires sont mobilisables lors d’une crise sanitaire (à l’image de celle que nous traversons actuellement avec les COVID-19) ; en plus d’assurer la surveillance en continue des autres maladies du groupe 3. Par ailleurs, la France compte également 2 laboratoires civils de niveau 4 - l’INSERM et l’IRBA -, et 1 laboratoire militaire. Ils sont avant tout des centres de la recherche biomédicale et permettent également d’assurer le diagnostic des maladies du groupe 4 ; même si ces maladies ne sont pas présentes sur les territoires français métropolitain.

Dans le monde, le nombre de laboratoires P3 n’est pas connu. On compte plus d’une dizaine de laboratoires de type P4 répartis sur les 5 continents. Il s’agit d’une estimation car aucune déclaration obligatoire n’a été instaurée par des instances internationales pour comptabiliser ce type de laboratoires.

Bien que les systèmes de surveillance des maladies infectieuses humaines ne reposent pas uniquement sur les laboratoires de haute sécurité, ils jouent un rôle majeur dans la détection et le suivi des maladies infectieuses émergentes.

Paradoxe, le continent africain a connu le plus grand nombre de crises sanitaires à virus du groupe 4 - avec les fièvres hémorragiques virales comme Ebola, Lassa, Crimée-Congo, etc - et est pourtant le territoire qui est le moins bien doté en laboratoires classés. Certains pays se trouvent ainsi contraints de faire analyser leurs prélèvements en les envoyant dans les pays occidentaux.

La guerre contre les prochains dangers biologiques biocontaminations doit donc être anticipée et nécessite au-delà de la nécessaire coopération Nord/Sud une bonne dotation en laboratoires classés sur l’ensemble des continents car nous le voyons bien nous ne sommes pas à l’abri des épidémies qui naissent à l’autre bout de la planète.

http://www.lab-science.eu/

http://www.dagard.com/

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