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Actualité des entreprises

Télémédecine : comment implanter une solution e-santé ?

Publication: 17 juillet

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Avec l’augmentation constante du nombre de patients atteints de maladies chroniques, la prise en charge de ces derniers et l’organisation de leur suivi prennent de plus en plus de temps aux professionnels de santé...
 

Les conséquences de cette situation ? Un suivi de patients qui pourrait être plus efficace et une insuffisante détection des risques. C’est vrai notamment pour les personnes souffrant d’insuffisance cardiaque, une maladie touchant aujourd’hui 1,1 million de Français et nécessitant un véritable suivi. Mieux informer, mieux détecter, et surtout mieux soigner les patients atteints, tout en renforçant le lien patient-soignant, c’est le triple objectif de la plateforme Satelia. En moins d’un an, la solution s’est implantée en cardiologie dans 50 hôpitaux et cliniques. Pourtant mettre en place une solution de télémédecine ne relève pas de l’évidence, retour sur les trois enseignements majeurs de cette aventure entrepreneuriale…

La force de l’usage et de l’ancrage académique

Des « focus group » ont été mis en place dès les débuts de Satelia afin d’écouter et d’analyser les retours d’usage tant côté soignant que côté patient. Deux retours majeurs sont ressortis de ces échanges : il fallait que la solution soit accessible au plus grand nombre de personnes et que le questionnaire ne dépasse pas 10 questions. Au-delà, le taux de réponse diminuait de manière importante et il est important que la plateforme ne soit pas chronophage à l’utilisation pour les patients afin qu’ils remplissent régulièrement les informations concernant leur santé.

Satelia doit être utilisable par tous les patients, quel que soit leur profil. « Nous voulions un système qui se diffuse rapidement, car c’est aujourd’hui l’enjeu des applications santé qui réussissent : savoir s’implanter dans l’écosystème et la stratégie santé nationale, échanger les informations avec les autres applications ou alimenter le dossier du patient. Les objets connectés trop complexes, une application à télécharger, ou des bouts de papier avec des codes de connexion donnés à l’hôpital sont vite apparus comme des solutions sans avenir car actuellement trop complexes par rapport à la plus-value pour les utilisateurs. », explique Nicolas Pages, cofondateur de Satelia.

L’équipe de Satelia s’aperçoit rapidement qu’une majorité de patients ne savent pas prendre leur tension car peu de centres les forment à cela, que peu sont équipés de smartphone et qu’encore moins ont activé leur « store », espace nécessaire pour télécharger des applications, même gratuites. « Or nous devons penser au patient malade, dont l’âge moyen est plus élevé. En insuffisance cardiaque, 90 % des personnes que nous suivons ont entre 65 et 85 ans, et les retours sont très satisfaisant. Notre secret, la simplicité. », se réjouit Nicolas Pages.

La plateforme propose donc deux solutions :

- Pour ceux qui ont un téléphone portable et internet : une web appli directement accessible par un lien envoyé par SMS au patient (ainsi, aucun téléchargement n’est demandé et l’application est rapidement accessible).

- Pour les autres : un infirmier contacte le patient afin de réaliser le questionnaire par téléphone.

Que Nicolas Pages soit interne en médecine et que le développement de Satelia se soit fait directement en milieu hospitalier ont permis d’affiner très vite tant le questionnaire que l’expérience utilisateur de la solution pour qu’ils soient le plus pertinents et performants possibles. « L’ancrage académique, c’est ce qui différencie les applications bien-être des applications santé. Méthodologie, sécurité et rigueur scientifique ne sont pas toujours incompatibles avec innovation et rapidité. », rapporte Nicolas Pages.

Une nécessaire simplicité

« Cela peut sembler évident mais pour conquérir professionnels de santé et patients, il est indispensable que la solution proposée soit simple : Satelia ne cherche pas à révolutionner le système médical en lui-même mais vient apporter une solution permettant aux médecins d’être plus efficaces dans leur travail tout en renforçant le lien patient-soignant. Autre avantage : Satelia donne au médecin un suivi simple direct du patient, ce qui permet ainsi d’éviter des « couches organisationnelles » venant complexifier le processus, particulièrement pour les centres ne pouvant pas avoir une personne dédiée à la télésurveillance. », détaille Nicolas Pages.

Ce suivi simple se manifeste de manière intuitive : le patient qui va mal apparaît sur le « centre de contrôle » Satelia en rouge, celui dont l’état est à surveiller en orange, et celui qui ne manifeste pas de signes inquiétants en vert. Ainsi, en un coup d’œil, le soignant voit qui contacter en priorité parmi ses patients selon son état.

Aujourd’hui, les retours sont très positifs : « C’est vraiment simple, cela prend une minute pour répondre. », raconte Patrick, un patient au CHU de Bordeaux. « Satelia nous alerte immédiatement. Dans plusieurs cas, des alertes orange nous ont permis de traiter le patient directement au domicile sans avoir à le faire venir à l’hôpital. », se réjouit Sonia, infirmière à l’hôpital Cochin.

Penser à la reproductibilité

Avec l’augmentation de l’âge de la population, nos modes de vie de plus en plus sédentaires et la pénurie médicale que nous subissons aujourd’hui, apporter un gain de temps médical et un meilleur suivi des maladies chroniques est un défi à l’échelle nationale. Afin de le relever, il faut que des solutions comme Satelia puissent être utilisées par un maximum d’établissements médicaux à travers la France : leur mise en place et leur utilisation ne doivent pas être complexes.

« Dans le numérique, il est obligatoire de voir grand, à l’échelle nationale a minima, puis rapidement internationale. Le cadre – justifié— fixé par les règlements européens concernant la protection des données, l’interopérabilité, et/ou les normes concernant le dispositif médical empêchent la viabilité d’un projet qualitatif au niveau infranational. Un projet non reproductible est un projet mort-né. », rappelle Nicolas Pages. « De même, un projet trop spécifique à un grand CHU, qui a plus de moyens qu’un petit centre périphérique, ne sera pas généralisable. Dans ces derniers, la priorité est souvent la recherche de médecins pour compléter l’effectif. »

L’autre force de Satelia est d’éviter une surcharge de travail et l’intervention d’un trop grand nombre de personnes pour assurer son fonctionnement : le professionnel de santépeut l’utiliser seul s’il le souhaiteet le système est conçu pour qu’il n’y ait pas besoin d’un infirmier dédié. Si une équipe de soins utilisant Satelia change, la solution reste accessible et facilement utilisable pour les nouveaux venus car la formation est assurée directement depuis la solution grâce à des innovations qu’elle a mises en place.

Nicolas Pages conclut : « On sait que les solutions de e-santé qui ont réussi offrent un meilleur diagnostic, une meilleure communication avec le patient, et des soins au patient. Satelia détecte les aggravations de l’état de santé pour éviter une hospitalisation, assure une communication directe avec le soignant et propose au patient suivi une meilleure qualité de vie avec des soins adaptés et des vidéos pour apprendre à mieux vivre avec sa maladie, de manière simple, académique, et hautement reproductible. »

http://www.satelia.eu/

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