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Actualité des entreprises

FACE appelle l’Union européenne à lever les droits d’importation sur l’aluminium

Publication: 11 juin

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Ces tarifs douaniers incompréhensibles ont coûté jusqu’à présent près de 18 milliards d’euros aux PME européennes du secteur, mettant leur avenir en danger...
 

La Fédération des consommateurs d’aluminium en Europe ("FACE") demande aujourd’hui aux autorités européennes de lever les droits d’importation sur l’aluminium sous forme primaire, matière première de l’industrie. En effet, alors que l’Europe est un importateur croissant d’aluminium brut, dépendant des importations pour plus de 74% de ses besoins, les droits d’importation appliqués varient entre 3 et 6%.

Pour soutenir cet appel, FACE publie aujourd’hui une étude, commandée à l’Université LUISS de Rome, qui estime que le maintien des droits d’importation sur l’aluminium brut a représenté un surcoût atteignant jusqu’à 18 milliards d’euros pour le secteur aval de l’aluminium dans l’UE, qui représente 92% des emplois et 70% du chiffre d’affaires de l’industrie européenne.

Une telle surcharge de coûts sur une industrie à faible marge, où l’aluminium primaire représente plus de 50% des coûts de fabrication des produits semi-finis, constitue une menace pour la survie de l’industrie, composée essentiellement de milliers de PME qui souffrent déjà d’une forte concurrence internationale, notamment de la Chine.

La taxe à l’importation de 6% a été mise en place il y a plusieurs décennies pour protéger les producteurs de l’Union européenne. Pourtant, l’étude de la LUISS montre que le maintien des droits d’importation sur l’aluminium brut n’a pas empêché le déclin structurel des fonderies par des fermetures et désinvestissements des grands groupes producteurs. Depuis 2008, l’Europe a perdu 30% de sa capacité de production d’aluminium. Les promesses des grands producteurs « européens », par exemple en matière d’emplois, de centres de décision et de R&D, n’ont pas été tenues.

Dans le même temps, la demande de produits en aluminium de l’UE a augmenté en moyenne de 3% par an. Mais, comme l’explique l’étude, l’industrie utilisatrice d’aluminium européenne ne parvient pas à se développer suffisamment et en cohérence avec la croissance de la demande ; en 2017 elle restait sous son niveau de production d’avant la crise de 2008. Les droits de douane à l’importation de l’UE sur les matières premières sont la première cause de cette sous-performance.

« Les utilisateurs et les consommateurs de l’UE n’ont pas accès à l’aluminium sous forme brute à un prix hors taxes. Grâce à un opaque mécanisme de marché, l’équivalent de la valeur du niveau le plus élevé de la structure tarifaire, soit 6%, est inclus dans le prix de tout l’aluminium brut vendu dans l’UE, quelle que soit son origine », a déclaré Roger Bertozzi, en charge des relations avec l’OMC et avec les Institutions de l’UE chez Face

En d’autres termes, lorsque de l’aluminium brut est importé dans l’UE à partir de sources passibles de droits de douane, le prix acquitté comprend les droits à l’importation perçus en tant que tels par les douanes.

Lorsque l’aluminium brut est produit dans l’UE ou importé depuis des pays pourtant exemptés de droits de douane, une prime de marché reflétant la valeur du niveau des droits d’importation de 6% est intégrée dans le prix fixé pour le métal dans l’Union européenne et cette différence est engrangée par les producteurs.

Mario Conserva, Secrétaire général de FACE, souligne : « Non seulement les consommateurs d’aluminium de l’UE paient plus qu’ils ne devraient pour leur matière première, mais ils « subventionnent » contre leur gré les producteurs européens et extracommunautaires qui bénéficient des prix artificiellement élevés. Cette situation est injuste et destructive de valeur et d’emplois, elle ne peut pas continuer ainsi. »

FACE demande à la Commission européenne et au Conseil de décider de la suspension totale des droits d’importation sur l’aluminium sous forme brute. Il s’agit d’un instrument douanier et de politique commerciale à la disposition des institutions de l’UE pour mettre fin à la sur-tarification anormale de l’aluminium en Europe et pour soutenir la compétitivité et la survie de cette industrie stratégique.

Si l’UE prend au sérieux son objectif proclamé de renaissance industrielle, elle doit libérer le secteur de l’aluminium en aval de l’UE d’une situation aussi dommageable.

La triste alternative serait la disparition de l’ensemble de l’industrie dans un avenir pas si éloigné.

http://www.face-aluminium.com/

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