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Actualité des entreprises

L’Académie des technologies très réservée sur l’étude de l’ADEME

Publication: 5 février

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L’Académie des technologies émet des réserves sur les Mix électriques proposés par l’ADEME jusqu’en 2060...
 

Une telle étude doit être neutre et menée de façon réellement scientifique. Si par ailleurs elle ne vise pas en premier lieu à baisser les émissions de CO2 dans le respect de l’intérêt général, ses conclusions font courir des risques importants pour l’avenir énergétique de la France.

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) a publié en décembre 2018 une synthèse de son évaluation de l’évolution du Mix électrique jusqu’en 2060. Elle recommande en substance d’arrêter les centrales existantes avant leur fin de vie, de les remplacer massivement par des installations solaires et éoliennes (multiplication par plus de dix des puissances installées actuelles), et de développer une économie de l’hydrogène avec les surplus d’électricité des périodes favorablement ventées et ensoleillées.

L’Académie des technologies s’inscrit pleinement dans la politique de développement des énergies renouvelables. Mais, elle dont la mission est « d’éclairer la société sur un meilleur usage des technologies », estime que la méthodologie et les conclusions de l’étude menée par l’ADEME posent de question et ne peuvent en l’état servir de base à des décisions de politique publique. En effet, l’ADEME, en tant qu’organisme public placé sous tutelle ministérielle se doit d’émettre des rapports neutres et justifiés scientifiquement. En outre, l’ADEME se positionne en oubliant la priorité énoncée par le gouvernement qui vise à annuler les émissions de CO2 dans le respect de l’intérêt général. L’Académie des technologies a recensé huit points qui, dans la synthèse publiée de l’étude, sont discutables et peuvent lourdement porter préjudice à l’avenir de la France.

1. Présentée par l’ADEME comme une « réponse à ses adversaires », l’étude est affectée de nombreuses erreurs de méthodes et de contradictions.

2. L’approche de l’ADEME se concentre sur le secteur électrique en faisant l’impasse sur nombre d’interactions avec les autres secteurs énergétiques.

3. L’ADEME envisage une quasi-stagnation de la demande en électricité d’ici 2060 ce qui, sur une si longue période, pose question… A cet horizon, malgré cette hypothèse peu réaliste, l’étude montre que l’approvisionnement du pays imposerait des importations significatives d’électricité dont l’origine reste très aléatoire. En outre, contrairement aux objectifs gouvernementaux, elle n’assure pas non plus la décarbonation complète du système de production d’électricité à cet horizon d’après les fiches par trajectoire.

4. Les coûts très importants induits sur le secteur Gaz par le Mix électrique envisagé ne sont pas présentés.

5. De nombreuses hypothèses retenues par l’ADEME paraissent très discutables, comme la hausse significative des facteurs de charge de l’éolien terrestre ; elle néglige en outre les facteurs de charge très faibles des installations de production à partir d’énergies intermittentes, qui seront donc difficilement rentables.

6. L’ADEME surestime la baisse probable des coûts d’investissement dans les énergies renouvelables, notamment pour les technologies matures comme l’éolien terrestre.

7. En privilégiant des énergies intermittentes à ce niveau, l’ADEME propose un système électrique qui, en l’état actuel des technologies, ne garantit pas le synchronisme, clef de la stabilité du réseau et ne pourra pas s’ajuster aux variations rapides et fréquentes de charge qui sont la vie courante du système électrique.

8. Comme l’ADEME le reconnaît elle-même, les coûts des trajectoires sont très voisins (moins de 3%). Ils ne permettent donc pas raisonnablement d’en privilégier une : la conclusion devrait donc être qu’on ne peut pas conclure !

Porteuse de changements majeurs pour les générations futures, la transition énergétique va mobiliser des milliards d’euros. Elle doit donc se baser sur des hypothèses techniques et économiques fiables en prenant en compte le système énergétique dans sa globalité sans conduire à une augmentation irraisonnée des dépenses des Français. En outre, elle ne doit pas se faire au détriment des acquis de la France dont l’électricité est essentiellement décarbonée au profit de solutions hypothétiques et aléatoires risquées pour l’avenir du pays.

http://www.academie-technologies.fr/

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