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Dossiers

Inclusion numérique : un levier pour l’accès à l’emploi des jeunes sans diplômes ?

Par Fariha Shah, Directrice Générale, Golden Bees

Publication: 3 janvier

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Selon l’édition 2018 de l’enquête BMO1de pôle emploi recense plus de 75 000 postes, sur les métiers de l’informatique. Alors que la demande des professionnels des technologies web croit de 4% par an...
 

Dans ce contexte, l’Etat a initié un plan de formation aux métiers du numérique à destination des demandeurs d’emploi non diplômés et des jeunes éloignés du monde du travail. L’objectif ? Réduire le taux de chômage en favorisant l’insertion professionnelle des jeunes en difficulté.

Les quelques centaines de formations labellisées dans le cadre du programme 10Knum du Plan d’Investissement des Compétences[1], visent principalement l’acquisition de compétences de base dans l’informatique, pour développer des métiers de « supports » (Développeurs, Techniciens informatique, Web Designer…etc.). La durée de session moyenne est de quatre mois et les formations sont accessibles sans conditions de diplômes.

Bien que l’équation paraisse logique, il n’est pas certain que la formule choisie pour aboutir au résultat recherché soit correcte. En effet, un certain nombre de variables inhérentes au contexte du marché risquent d’influer sur le taux de réussite de ce plan.

La pénurie de compétences prime sur la pénurie de candidats

En 2018 il y a eu en moyenne 1,5 fois plus de candidats que d’offres sur des postes en informatique. Les nouvelles méthodes de sourcing, telle que la publicité programmatique permettent d’augmenter le volume de candidatures. Les difficultés d’embauches sont surtout dues au niveau d’exigence des entreprises en ce qui concerne le degré de compétences des candidats. Les recrutements des profils IT sont souvent soumis à des tests techniques, des tests de logique et parfois même des tests de culture générale de l’environnement informatique. Faute d’expérience et/ou de niveau de qualification suffisant(s), nombreux profils ne sont pas retenus par les entreprises, même lorsqu’il s’agit de startup. Or, un apprentissage de quelques mois pour s’approprier les bases du numérique n’aura que peu de chances de préparer efficacement les candidats, ne serait-ce qu’aux « tests d’entrée ».

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les entreprises ne cherchent pas à recruter à tout prix des profils formés au numérique, mais plutôt à recruter les meilleurs talents peu importe le prix.

De plus, une des alternatives au recrutement est d’avoir recours aux freelances ou aux sociétés qui mettent à disposition de professionnels qualifiés, provenant de la France ou de l’étranger… De ce fait, pas certain que la « pénurie » de candidats en France soit véritablement un frein au développement de l’économie numérique.

La génération des « Digital workers » déjà bien présente sur le marché de l’emploi

En plus de nombreuses écoles gratuites en informatique qui remplissent déjà leurs bancs (l’école 42, Simplon, Wild Code School, OpenHackademy, …), les MOOCS en ligne tels que Code Academy, OpenClassRoom ou la Khan Academy se multiplient, et les grands acteurs technologiques tels que Samsung ont développé des centres de formations pour recruter parmi tous des génies du numérique.

A ceux-ci s’ajoute les formations payantes et/ou études longues dans le numérique avec : les centres de formation, les écoles d’ingénieurs et les universités … L’ère de la production massive de « Digital workers » est déjà d’actualité et est surtout, accessible à tous. Ces centaines de dispositifs préparent des milliers de professionnels du numériques tous les ans pour le marché du travail, rendant éphémère le caractère « pénurique » de ces métiers.

Diversité, niveau de qualifications, mœurs : une mise en concurrence inégale des candidats

Face à des profils plus qualifiés et multidisciplinaires qui entrent « dans les codes » des entreprises françaises, les candidats aux compétences limitées issus de formations peu développées pourraient être évincés. Cela est encore plus vrai, à l’heure où les discriminations liées aux genres, à l’âge, à l’handicap, aux origines, au niveau académique et à la situation géographique persistent. L’évolution des mœurs sur l’intégration de collaborateurs issus de la diversité, sur un laps de temps aussi court, paraît difficile.

L’évolution de l’Intelligence Artificielle au détriment des postes de support informatique

L’évolution des nouvelles formes d’intelligences numériques permettent aux entreprises de toutes tailles, d’améliorer significativement leurs performances informatiques à moindres coûts. Les PME et startup, premières visées par le plan d’embauches des nouveaux candidats formés, seront également les premières à s’équiper. L’avènement de l’intelligence artificielle freinera ainsi les embauches des métiers sous-qualifiés dans le milieu de l’informatique et rendront inéluctablement les emplois à faible valeur ajoutée, obsolètes. Et on parle bien ici d’une situation dans un futur très proche.

Si le plan de formation au numérique des jeunes en marge de la société est en apparence plein de bon sens, il présente en réalité de nombreuses limites. En ce sens, l’insertion professionnelle dans le secteur du numérique d’un million de jeunes sans diplômes semble ambitieux. En revanche, cela n’exclu pas la nécessité d’investir dans l’acculturation numérique, pour que tous les français puissent se saisir des enjeux. De plus, si on s’intéresse aux alternatives, le numérique reste un outil qui peut aider la jeune population sans emploi à se réinsérer dans la vie professionnelle.

Les plateformes collaboratives : outil du numérique en faveur de l’insertion professionnelle des chômeurs

Les nouveaux modèles de travail émergeants des plateformes collaboratives, apportent des solutions concrètes pour les enjeux de l’emploi en France. Un jeune sans diplôme peut exercer un métier de service manuel accessible par des formations courtes, tout en bénéficiant des avantages du statut d’indépendant : autonomie, flexibilité, choix de salaires… sans les inconvénients. Plombier, Electricien(ne), Peintre, Nounou, Esthéticien(ne). etc. sont autant de métiers en pénurie et qui répondent une forte demande en France. Il s’agit surtout de métiers qui ne seront pas affectés (ou que très tard) par la destruction d’emploi attendue par la montée en puissance de l’intelligence artificielle.

En revanche, il est évident que l’adoption du travail via les plateformes collaboratives nécessite un accompagnement adapté, notamment sur les questions de statuts, droits sociaux, ou encore de protection des travailleurs…

http://www.goldenbees.fr/

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