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Actualité des entreprises

Souriau, suit les directives de l’Agence Européenne des Produits Chimiques

Publication: 23 octobre

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Le règlement européen REACH, qui vise à améliorer la protection de la santé et de l’environnement, impose des règles d’utilisation strictes des substances chimiques...
 

Pour conserver son leadership sur le marché de la connectique et préserver les emplois sur ses sites de production de Champagné et de Marolles en Brie, SOURIAU adapte ses processus de fabrication pour répondre à ces nouvelles contraintes réglementaires et à la demande de ses clients. OLIVIER CRESSON, le responsable Hygiène, Sécurité et Environnement de SOURIAU sur le site de Champagné, décrypte les enjeux de la directive REACH et les aménagements imposés par le bouleversement d’une partie essentielle de la chaîne de production.

Pouvez-vous nous résumer la problématique REACH ?

OC : Pour protéger la population et l’environnement sans nuire à la compétitivité des entreprises, l’Europe adopte le règlement REACH en 2006, qui a pour objectif d’identifier toutes les substances chimiques utilisées en Europe, d’évaluer leur dangerosité et en accorder ou non l’autorisation d’emploi. C’est ainsi que naît l’Agence Européenne des Produits Chimiques (ou ECHA, pour European Chemicals Agency), en charge de la mise en application de cette nouvelle règlementation : REACH.

Quels sont les impacts de cette règlementation pour SOURIAU ?

OC : Notre entreprise, qui utilise le chrome hexavalent dans le cycle de galvanoplastie de ses boîtiers de connecteurs, est concernée par cette règlementation. Par contre, comme elle est limitée au territoire européen, elle ne concerne pas nos concurrents américains ou asiatiques, qui attendent la même qualité de produits, avec ou sans chrome hexavalent. Il nous fallait donc rapidement mettre en œuvre des processus industriels qui répondent à cette nouvelle contrainte, en concertation avec les industriels de la chimie et les utilisateurs de nos produits.

Le calendrier semble un peu court, non ?

OC : En fait, dès 2006, l’agence européenne avait demandé à ces industriels de répertorier l’ensemble des produits avant le 30 novembre 2010, d’abord les tonnages les plus importants des substances les plus dangereuses, puis les tonnages intermédiaires. À fin mai 2018, avec l’évaluation des petits tonnages, elle avait une vue globale des produits chimiques utilisés en Europe, à la fois en quantité et en dangerosité.

Cette règlementation ne cible-t-elle que le produit à proprement parler ?

OC : Non, dans un produit destiné au grand public ou dans un processus de fabrication industriel, plusieurs facteurs doivent être pris en compte : tonnage, dangerosité, domaine d’utilisation... Et s’il faut étudier les substances elles-mêmes, il ne faut pas négliger leur mode de diffusion. En effet, plus la quantité et la diffusion d’un produit chimique sont importantes, plus le risque d’interdiction est fort. Plus concrètement : un rouge à lèvres, l’encre des stylos ou une peinture grand public ne présentent pas le même niveau de risque pour la population et l’environnement que la galvanoplastie des connecteurs en enceinte fermée.

Quel rapport entre la galvanoplastie et le chrome hexavalent ?

OC : La galvanoplastie est un traitement de surface qui protège les boîtiers de connecteurs, assure la continuité électrique et leur donne l’aspect fini attendu par nos clients. Le Chrome hexavalent est utilisé dans le processus dit « de passivation » pour favoriser l’accroche du revêtement de protection sur les connecteurs composite. Notre produit fini est stable, et non relargant. Néanmoins, l’utilisation du chrome hexavalent fut interdite dans les processus de fabrication à partir de septembre 2017.

Et où en sont vos investigations pour répondre aux exigences de l’ECHA ?

OC : Dès l’annonce de l’interdiction du chrome hexavalent, les équipes de recherche et développement de SOURIAU ont travaillé sur des solutions de remplacement. C’est chose faite pour les connecteurs composites, puisqu’un nouveau processus, validé en production, a été accepté par nos clients. Mais pour d’autres process de fabrication des connecteurs, des compromis sont nécessaires, est nos équipes de R&D sont toujours en recherche de solutions de substitution.

Ce doit être une tâche immense pour chaque industriel...

OC : Tous nos concurrents européens fabricants de connecteurs étant naturellement confrontés à la même problématique, nous avons formé un consortium et déposé à l’ECHA une demande d’autotisation d’utilisation des chrome hexavalent pour quelques années supplèmentaires. Ce délai était en effet indispensable pour mettre en œuvre les nouveaux processus, mais aussi pour les faire valider en interne et par nos clients. L’ECHA était bien consciente des difficultés et que le délai qu’elle concèderait éviterait une délocalisation industrielle et la perte de marchés, non seulement en Europe, mais dans le monde entier. En accordant une autorisation pour l’utilisation de cette substance dans nos processus de fabrication, l’ECHA a ainsi permis de maintenir R&D, savoir-faire et emplois en production sur les territoires français et européen : des métiers qui coopèrent aujourd’hui quotidiennement pour trouver un remplaçant au chrome hexavalent.

Et à plus long terme, quels seront les conséquences ?

OC : Avec son impact majeur sur l’outil industriel, REACH a nécessité de gros investissement en R&D, pour maintenir la conformité aux normes d’une part, et d’autre part pour impacter au minimum les processus de galvanoplastie. Grâce à ces efforts, nous avons aujourd’hui des solutions de substitution au chrome hexavalent, mais nous avons besoin de temps pour les valider. Par sa décision, l’ECHA va nous permettre de progresser sur les marchés des connecteurs pour environnements sévères, tout en maintenant notre production en France.

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