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Dossiers

Fibre optique, recherche qualité et compétences désespérément

Par Thierry Besrest, Sales Data Center France de Rosenberger OSI

Publication: 16 avril

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Aujourd’hui, le câblage fibre optique s’est définitivement imposé comme le support de transmission dominant pour tous les réseaux de transport de données haut débit : FTTA, FTTO, FTTD, FTTH, FTTACP, etc...
 

Le Plan Très Haut Débit en France, dont l’objectif est la couverture complète du territoire en très haut débit en 2022, s’appuie en grande majorité sur des raccordements fibre optique, même si les réseaux mobiles 3G et 4G seront également mis à contribution. A la fin Septembre 2017 d’après l’Arcep, 9,5 millions de logements étaient déjà éligibles à la fibre.

En raison de ses performances, la fibre optique est omniprésente dans les data centers, au nombre de 8,4 millions dans le monde en 2016, selon le cabinet IDC, pour une surface totale de 168 millions de mètres carrés. On assiste également depuis quelques années à l’émergence de data centers « Hyperscale » de très grandes tailles, à l’initiative des géants d’Internet tels Apple, Facebook, Microsoft, Google et IBM. Le trafic de données dans ces data centers a atteint 6,8 Zetaoctets, et devrait passer à 20,6 Zetaoctets en 2021 (1 Zetaoctet = 1 milliard de Terraoctets= 1021 octets= Zo), soit un taux de croissance global estimé à 25% par an.

Si l’on considère les échanges de données aujourd’hui au niveau mondial, 71,5% d’entre eux ont lieu à l’intérieur des data centers, 14,9% entre les data centers et les utilisateurs finaux, et 13,6% entre les data centers eux-mêmes, dans tous les cas essentiellement via des câbles fibre optique.

Une technologie complexe

La maîtrise de la technologie du câblage fibre optique est donc essentielle pour garantir le bon fonctionnement des data centers comme des réseaux de transport très haut débit au niveau national.

Or la technologie optique est complexe et n’a pas grand-chose à voir avec celle du câblage cuivre traditionnel. Elle impose de connaître et gérer des notions telles que monomode, multimode, longueurs d’onde, réfraction, réflexion, atténuation, réflectance, indices de réfraction, etc.

D’autre part, le câblage fibre est très diversifié, et ses caractéristiques sont régies par un grand nombre de normes et de standards (OM2, OM3, OM4, OM5, OS2, G.657.A1, A2, B2, B3, G.652.D, etc.). Les connexions fibre exigent également une propreté parfaite (sensibilité aux traces de doigts par exemple) et ne tolèrent pas certaines contraintes physiques.

Ajoutons à cela que les débits normalisés pour les infrastructures réseau ne cessent d’augmenter pour gérer l’accroissement continu du trafic (10, 100, 1GBit/s, 10GBit/s, 40GBit/s, 100Gbit/s et avec la nouvelle norme 802.3bs de décembre 2017 les 200 et 400GBit/s). Cette augmentation des débits a nécessité l’apparition d’un grand nombre de connecteurs optiques différents (SC, LC, E2000, MPO 8, 12, 24, 48, 72, MTP 16, etc.) qui pour certains accueillent jusqu’à 16 fibres sur une seule ligne.

En outre, les infrastructures réseau sont de plus en plus « spécifiques » et nécessitent la mise en place de câblages spécialement adaptés à chaque environnement (data centers, bureaux, sites de production, hôpitaux, ..). Les principales contraintes à respecter pour les câbles fibre sont la distance et le budget optique, qui diffèrent en fonction de l’application et du type de câble.

Des composants de haute qualité et des compétences spécifiques

Tout ceci a d’importantes conséquences lorsqu’il s’agit d’installer, de raccorder et de certifier des liaisons optiques.

La qualité des composants – câblages et connecteurs – est primordiale, car les liaisons optiques ne tolèrent pas l’approximation et doivent impérativement respecter des spécifications précises, ce qui est beaucoup moins le cas pour le câblage cuivre. Il est donc essentiel de disposer de composants certifiés, pré assemblés et garantissant une propreté parfaite des connexions, afin de minimiser les risques et les erreurs durant l’installation.

D’autre part, les outils et logiciels permettant de valider les connexions et de certifier le support de transmission en vérifiant qu’il satisfait aux performances voulues sont coûteux, et leur utilisation nécessite des techniciens formés et compétents. Il faut en effet s’assurer que l’infrastructure de câblage supporte toutes les applications normalisées à l’instant T mais également celles qui apparaîtront dans un futur prévisible (correspondant à la nouvelle norme 802.3bs par exemple). Installer les câbles, les connecter entre eux (souder les fibres) et les raccorder avec les différents types de connecteurs, de même que comprendre leurs contraintes spécifiques requiert aussi un savoir-faire spécialisé, que ne possèdent pas les spécialistes du câblage cuivre.

Le goulet d’étranglement de la formation

Ce qui met en évidence l’importance de la formation des techniciens. L’installation, la certification et la maintenance des infrastructures de câblage fibre optique, dans les data centers comme auprès des entreprises et des particuliers nécessite l’intervention de personnels formés à ces tâches.

Or la France affiche un important retard dans ce domaine, et doit faire face à une pénurie de personnels spécialisés. En effet, très peu d’organismes français de formation sont encore réellement à même de former et de certifier des techniciens compétents dans l’installation des infrastructures fibre optique. Dès lors, comment vérifier leurs compétences réelles ? Tous les certificateurs de câblage sont-ils à même de vraiment certifier une liaison ou est-ce parfois de l’approximation ?

Un gros effort de formation est donc nécessaire pour remédier à cette situation. Faute de quoi la poursuite du Plan Très Haut Débit en France ne pourra se dérouler dans les délais impartis, et les pannes dues à l’infrastructure de câblage dans les data centers, qui représentent déjà 47% des pannes recensées selon Gartner, risquent de se multiplier.

http://www.rosenberger-osi.com

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