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Dossiers

Chine : le recyclage des téléphones portables gagne du terrain

Publication: 31 août

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Le marché des smartphones d’occasion se porte bien : introductions en bourse et opportunités de franchise...
 

L’accès généralisé à internet et l’efficacité logistique ont contribué à faire du recyclage des téléphones portables et des appareils électroniques un marché à part entière en Chine. Cette nouvelle industrie se caractérise par la taille de ses opérateurs (des boutiques de rue aux chaînes de distribution) et ses relations commerciales (B2B, B2C, C2C).

Par le passé, la vente de ces articles, légalement discutable, avait lieu dans d’obscures boutiques, principalement dans la Huaqiang North Road à Shenzhen et à Zhongguancun, sanctuaire de l’électronique à la périphérie de Pékin. Aujourd’hui, alors que le secteur est en plein essor grâce à l’intérêt croissant du public pour le développement durable, le marché chinois du recyclage de portables est loin d’être saturé.

Un nombre croissant de téléphones portables inutilisés

Selon les chiffres récemment publiés par le ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information, le nombre d’utilisateurs de téléphones mobiles a augmenté de 50,54 millions en 2016, pour atteindre 1,32 milliard, soit un taux de pénétration moyen égal à 96,2 téléphones pour 100 personnes. Ce taux est supérieur à 100 dans dix provinces et villes dont Pékin, le Guangdong, Shanghai et le Zhejiang.

Les chiffres du Bureau national des statistiques révèlent que 2,05 milliards de portables ont été vendus en 2016, les ventes à l’exportation s’élevant à 1,17 milliard d’unités sur les 11 premiers mois de l’année. Malgré l’absence de statistiques officielles sur le nombre d’appareils non utilisés, on note un écart considérable entre les ventes de portables sur une année et l’augmentation nette de ses utilisateurs. Même en tenant compte des ventes à l’exportation, il est évident qu’un grand nombre d’usagers changent de portable pour avoir la dernière version, indiquant qu’il existe une réserve vaste et croissante de téléphones portables inutilisés et obsolètes.

Selon la CECC et Aihuishou (« Love Recycling »), l’une des principales plates-formes chinoises de recyclage, les consommateurs gardent leur appareil 8 à 16 mois avant d’envisager de les changer. Des résultats comparables sont présentés dans un rapport de 360 Internet Security Centre sur le recyclage des portables, indiquant qu’en 2014, environ 50 % des utilisateurs ont remplacé leur appareil dans un délai de 18 mois, et 20 % dans les 12 mois.

Motivés par une très forte demande pour les nouveaux modèles des marques les plus prisées, les chinois ont tendance à remplacer leur portable plus souvent que la moyenne mondiale. Ainsi, deux jours après le lancement de l’iPhone7, plus de 25 000 portables ont été injectés sur le marché de l’occasion, soit deux fois plus que le nombre de téléphones recyclés trois jours avant.

Valeur de revente

Aujourd’hui, Aihuishou, Huishoubao et Lehuishou sont les principales plates-formes de recyclage, toujours plus nombreuses, en Chine. Les utilisateurs peuvent les solliciter pour revendre leurs appareils en ligne, dans un point de vente physique ou via un service de collecte. C’est dans les plus grandes villes que l’offre est la plus large, le prix proposé encourageant le dynamisme du marché de l’occasion.

Selon Aihuishou, la sortie annuelle d’une nouvelle version de l’iPhone incite les consommateurs à acheter de nouveaux modèles et stimule la croissance du marché de seconde main. Apple propose des offres de reprise, mais leurs conditions peu avantageuses ne séduisent pas les clients.

Les conditions peu intéressantes proposées par les réseaux de recyclage officiels et une profonde méfiance à l’égard des commerçants indépendants non agréés, ont favorisé l’émergence d’un secteur, plus formel et réglementé. De nombreuses plates-formes de recyclage sont soutenus par des investisseurs en capital-risque et certaines entrent en bourse.

Le chiffres d’affaires d’Aihuishou, basée à Shanghai, a dépassé 1,7 milliard de renminbis en 2016, suite à la revente de quelque cinq millions d’appareils. La société a annoncé en décembre dernier la réalisation d’un tour de financement d’une valeur de 400 millions de renminbis, qui a permis de lancer le processus d’introduction en bourse. Plut tôt en 2016, son concurrent Huishoubao a obtenu un financement de SMC Capital China, l’une des cinquante principales sociétés d’investissement en participations privées.

Sources de profit

En général, ces plates-formes travaillent en étroite coopération avec les fabricants, les entreprises de e-commerce et le marché de l’occasion afin de récupérer les modèles relativement récents qui séduisent encore les utilisateurs. Ils sont nettoyés, réparés, et les données antérieures sont effacées, avant d’être revendus à des prix très concurrentiels.

Les appareils encore récents, mais sérieusement abîmés, sont démontés et les pièces intactes revendues, alors que les obsolètes sont vendus en masse pour la récupération des métaux.

Selon Chen Xuefeng, chargé de l’information chez Aihuishou, la société fonctionne grâce au partage des recettes avec les organisations favorisant le recyclage comme les supermarchés et les usines. La marge brute dans ce type de partenariat est généralement supérieure à 10 %.

Par exemple, un iPhone7, modèle 128GB noir de jais (édition chinoise), refait à neuf à 90 %, se vend à environ 5 399 renminbis via Aihuishou, son prix chute à 3 865 renminbis sans le conditionnement complet, voire 3 345 renminbis si sa coque est légèrement abimée. Huishoubao pratique des prix inférieurs (200 renminbis de moins en moyenne pour un portable).

Des franchises existent pour les petits opérateurs qui ne peuvent rivaliser avec les géants Aihuishou et Huishoubao. Cette formule permet aux PME de travailler sous licence avec l’une des plates-formes existantes, pour le sourcing, la distribution de portables d’occasion ou de portables neufs inutilisés.

La société Aihuishou recherche des candidats à la franchise car elle compte étendre ses activités aux villes chinoises de petite taille. « Il ne serait pas réaliste de vouloir exploiter des points de revente dans toutes les petites villes, bien que la demande soit tangible, » affirme Zheng Fujiang, associé de la société. « Nous comptons sur des boutiques physiques franchisées pour occuper ce créneau.Ce type de franchise, dont les coûts d’investissements restent faibles, représente une opportunité d’affaire lucrative pour les PME. »

http://www.hktdc.com

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