En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d'intérêts. En savoir plus et gérer ces paramètres. OK X
 
 

 

 

Actualité des entreprises

Lancement du programme européen pour la mobilité longue des apprentis

Publication: 14 septembre

Partagez sur
 
L’association Euro App’ présidée par Antoine Godbert, a présenté, lors d’une conférence de presse organisée au siège des Compagnons du Devoir et du Tour de France, le programme expérimental de mobilité longue pour les apprentis...
 

Un consortium de 33 centres de formation professionnelle, issus de 12 pays de l’Union européenne, dont 16 établissements français, s’implique depuis plusieurs mois aux côtés de Jean Arthuis, député européen, président de la Commission des Budgets, pour construire un projet commun afin de promouvoir l’apprentissage et la mobilité longue des apprentis en Europe.

La nouveauté et l’enjeu majeur de ce programme expérimental sont de permettre aux jeunes, en particulier de niveau V et IV (CAP et Bac Pro), de partir dans le cadre de leur contrat d’apprentissage, sur une période de 6 à 12 mois, dans un autre pays. Soutenu par la Commission Européenne, ce programme d’envergure sera officiellement lancé les 20 et 21 septembre à Bruxelles en présence des représentants des 33 centres de formation impliqués.

Un projet né d’un constat…

« Nous souhaitons encourager, développer l’apprentissage, et plus précisément, la mobilité des apprentis en Europe. Pourquoi ? Parce que le taux de chômage des jeunes en Europe est insupportable, nous ne pouvons pas continuer à avoir un jeune sur quatre en moyenne, et dans certains pays, un jeune sur deux, au chômage. Cette situation, en revanche, n’existe pas dans les quelques pays qui pratiquent l’apprentissage, comme l’Allemagne, les Pays-Bas ou encore l’Autriche. Et nous savons aussi que les étudiants qui ont bénéficié d’une bourse Erasmus et accompli une année d’étude hors de leur pays d’origine, se protègent mieux contre le risque du chômage. »

Ce constat, dressé par Jean Arthuis, a été à l’origine de la création d’un consortium qui rassemble 33 centres de formation européens, avec à sa tête, les Compagnons du Devoir et du Tour de France. Tous sont unanimes sur la nécessité de combiner l’apprentissage et la mobilité pour favoriser l’intégration des jeunes sur le marché de l’emploi. Certes, les apprentis peuvent dès à présent accéder à une mobilité à travers le programme Erasmus+ mais les durées d’échange sont courtes : 28 jours en moyenne.. Les raisons sont multiples : autant de dispositifs d’apprentissage que de pays, difficultés de reconnaissance des diplômes professionnels à l’échelle européenne, réticences sectorielles, droit du travail et de la formation non harmonisé en Europe…

… et encouragé par un contexte européen bouleversé

Le contexte européen actuel n’a fait que conforter les membres du consortium dans leur projet. Il y a deux mois, les Britanniques disaient majoritairement non au maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne et une vague d’inquiétude saisissait les citoyens européens et les observateurs internationaux. À l’opposé de ce climat anxiogène, un certain nombre d’acteurs persuadés de l’utilité des programmes de l’Union européenne, ont voulu aller plus loin et plus vite pour faire aboutir des projets concrets, souvent envisagés depuis des années, notamment en faveur de la formation et de l’insertion professionnelle des plus jeunes.

Le souhait de voir se développer des mobilités longues d’apprentis en Europe est apparu dans ce contexte comme une priorité. Pour deux raisons essentielles :

- Le nombre de mobilités “classiques” d’apprentis s’est accru très fortement depuis quelques années, en particulier au sein du programme Erasmus+ ;

- Les apprentis, dont les études d’opinion montrent régulièrement un soutien à la construction européenne plus nuancé que celui des étudiants, doivent pouvoir bénéficier en nombre de mobilités similaires sur la forme.

Une volonté commune pour valoriser les métiers et l’employabilité des jeunes Convaincu de la nécessité de rassembler l’ensemble des structures impliquées dans la mobilité des jeunes issus de la formation professionnelle, Antoine Godbert, l’ancien directeur de l’agence Erasmus+, a créé, avec l’appui des 16 CFA français membres du consortium, l’association Euro App’. Sa mission première est de fédérer tous les acteurs engagés dans la promotion de l’apprentissage (centres de formation, institutionnels, entreprises…) pour valoriser et défendre toutes les initiatives mises en place pour développer la mobilité des jeunes. Et ce, pour trois raisons :

1. La mobilité des apprentis n’est pas seulement nécessaire pour les jeunes, eux-mêmes, et pour les centres d’apprentissage, mais aussi et surtout pour la dynamique des territoires.

2. Les jeunes doivent continuer de recevoir ce message pro-européen qu’ils ont toujours eu depuis la création du programme Erasmus et prendre conscience de leur citoyenneté européenne.

3. Les jeunes peuvent ainsi acquérir des compétences complémentaires, un savoir-être différent et une meilleure connaissance de leurs futurs partenaires professionnels grâce à ce dispositif.

« L’idée n’est pas d’opposer les mobilités courtes aux mobilités longues. L’idée est de correspondre à cet idéal d’apprentissage de compétences, de manière à s’insérer plus facilement sur un marché de l’emploi relativement fermé. Une triple implication est indispensable pour assurer le succès de cette initiative : une implication des 33 centres de formation d’apprentis qui portent le projet pilote, une implication des entreprises qui sont les partenaires habituels de ces centres d’apprentissage, et enfin, une implication des acteurs de la dynamique territoriale (les représentants des branches professionnelles, des membres consulaires, des collectivités locales…). La relation entre les centres d’apprentissage et les élus est également primordiale pour valoriser les métiers, les filières économiques locales et encourager les échanges entre les pays afin de permettre aux jeunes de poursuivre leur formation » explique Antoine Godbert.

La volonté d’Euro App’ est également de communiquer autrement sur les métiers à travers cette possibilité de voyager à l’international. Les jeunes pourront ainsi échanger sur leur expérience et leur métier, offrant un prisme de communication différent pour promouvoir les métiers. Les centres de formation professionnelle souhaitent d’ailleurs, qu’au-delà des parlementaires européens, la mobilité longue des apprentis soit un sujet qui permette aux territoires de s’approprier le côté positif de l’Europe, « cette mobilité est essentielle pour construire une Europe qui soit une Europe utile » rappelle Antoine Godbert.

Lancement du programme expérimental en septembre

Les 20 et 21 septembre prochains, les représentants des 33 centres de formation impliqués dans le projet se réuniront à Bruxelles aux côtés de Jean Arthuis et d’Antoine Godbert pour le lancement officiel de cette expérimentation européenne, dont les enjeux sont multiples. « De nombreux points doivent évoluer, qu’ils soient de nature juridique pour créer un cadre réglementaire de l’apprentissage dans nos différents pays, ou bien de nature sociale et culturelle car il est loin d’être évident pour un jeune, surtout de niveau V et IV, de partir aussi longtemps. Nous devons également nous assurer que les entreprises partenaires s’adaptent elles-mêmes à ces jeunes venus d’autres pays » précise Antoine Godbert. La première année d’expérimentation aura pour objectif principal d’identifier les problèmes et sera la référence pour un élargissement du projet qui démarrera dès l’année suivante, en septembre 2017.

La finalité du projet pilote sera ainsi de trouver un cadre juridique européen, via un “contrat d’apprentissage unique européen”, qui facilitera la mobilité internationale des jeunes en formation par la voie de l’alternance.. En attendant, en absence de réponse de droit européen, la solution qui sera mise en oeuvre est le statut d’apprenti tel qu’il existe dans le pays d’accueil. C’est la raison pour laquelle, le consortium s’est limité, dans un premier temps, à 145 apprentis : un volume maximal qu’il lui est possible de gérer dans une configuration au cas par cas. Les acquis d’apprentissage pendant la mobilité seront reconnus a minima pour l’obtention d’un diplôme dans le pays d’origine. Un travail est actuellement mené, dans le cadre de cette expérimentation, pour obtenir une double reconnaissance des compétences professionnelles, dans le pays d’origine et dans le pays d’accueil, et à terme dans tous les pays de l’UE.

Le projet pourra être reconduit jusqu’en 2020, pour ensuite se pérenniser.

Chiffres clés

- 12 pays engagés

- 33 centres de formation, dont 16 implantés en France

- 145 apprentis (dont 75 apprentis français) bénéficieront de l’expérimentation dont les départs s’étaleront d’octobre 2016 à juin 2017

- 6 à 12 mois consécutifs à l’étranger

- 95% des participants seront des jeunes de niveau V et IV

- Un financement de 1,8 million d’euros dédié à l’expérimentation a été attribué par la Commission Européenne. Le consortium percevra 782 000 euros pour accompagner la mobilité des 145 apprentis sur la période d’octobre 2016 à juin 2017, soit une enveloppe moyenne de 5 400 € par jeune. Ces fonds seront utilisés exclusivement pour la formation des apprentis pendant la période de mobilité à l’étranger, la préparation linguistique, et pour, éventuellement, combler les déficits de certains pays en terme de couverture sociale. Une demande d’extension de l’expérimentation est d’ores et déjà déposée auprès de la Commission Européenne.

Suivez Industrie Mag sur le Web

 

Newsletter

Inscrivez-vous a la newsletter d'Industrie Mag pour recevoir, régulièrement, des nouvelles du site par courrier électronique.

Email: